Le 5.06.2018:Pluies : risque-t-on des inondations comme en 2016 ?

Il y a deux ans à la même époque de l'année, la Seine et ses affluents connaissaient une crue estivale historique. Cette année, les pluies orageuses sont incessantes en France mais la situation météo et le contexte global ne sont pas les mêmes. Doit-on craindre de nouvelles inondations? Analyse de notre météorologue Régis Crépet.

Les orages à répétition qui se produisent en France depuis le mois de mai surviennent dans un contexte où les nappes phréatiques sont d'un niveau élevés après un hiver particulièrement pluvieux. Les apports d'eau sont souvent importants mais restent très hétérogènes. La question se pose néanmoins de savoir si l'on peut craindre des inondations des grands fleuves, telle la crue estivale record survenue début juin 2016, il y a deux ans jour pour jour.

Un contexte météorologique diffférent

Les inondations remarquables de juin 2016 ont concerné les affluents directs de la Seine (Loing, Marne), gonflés par des pluies torrentielles généralisées sur plusieurs bassins versants. Ces pluies survenaient elles-mêmes à la fin d'un mois de mai historiquement pluvieux. Finalement, début juin 2016, le pic de crue de la Seine atteignit 6,10 m au Pont d'Austerlitz tandis que le Loing avait même dépassé son pic de la crue centenale de 1910.

Parallèlement, les sols saturés n'ont pas pu absorbé ce surplus de précipitation dans le Loiret, provoquant des inondations durables dans l'Orléannais.

 

Des orages plutôt que des pluies

La nuance peut paraître minime, et pourtant, elle fait toute la différence. Cette année, la France a connu aussi un mois de mai pluvieux avec des valeurs supérieures aux moyennes sur les deux tiers sud du pays. Le bassin parisien a reçu des précipitations très hétérogênes mais globalement proches des moyennes. Cela dit, ces pluies d'orage surviennent également dans un contexte de sols saturés par les pluies hivernales record, un peu à l'image de 2016. Mais les points communs s'arrêtent là.

En effet, ce qui fait la grande différence entre ces deux contextes météorologiques, c'est l'étendue géographique des zones touchées par ces pluies. Alors qu'en juin 2016, les pluies furent torrentielles et durables sur de vastes zones, elles sont cette fois-ci très ponctuelles et disséminées sans cohérence : il s'agit des orages, capables de provoquer des crues soudaines mais de peu de durée, qui n'impactent pas les grands fleuves.

En revanche, il ne faudrait pas que ces orages de grande ampleur persistent trop longtemps maintenant : les prévisions de la Chaîne Météo envisagent un changement de situation en cours de semaine prochaine. Le risque reste donc ponctuel, car les petits cours d'eau sont plus réactifs que les grands, mais les grands fleuves tels que la Seine ne seront pas impactés.

 

Vanessa LAGNAU sur

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