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Le 24.06.2018:En Floride, la montée des eaux va coûter des milliards aux propriétaires d'ici 30 ans

 

Une organisation américaine alerte sur le coût à venir des inondations liées à la montée des eaux, selon elle sous-estimé. Trop de propriétés risquent des inondations chroniques alors même que les cartes des zones inondables n'ont pas été remises à jour depuis longtemps.

Montée des eaux Floride

Tempête en Floride, sur les îles de Key West

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Sur les côtes de Floride, le marché immobilier est en pleine forme malgré les inondations à répétition. Des dizaines de milliers de maisons sont à risque, bien qu'elles ne soient pas officiellement classées en zones inondables, alerte un nouveau rapport publié le 18 juin 2018 par l'Union of Concerned Scientists (UCS), une organisation scientifique américaine. Rien qu'en Floride, 64.000 maisons, d'une valeur totale de 26 milliards de dollars, risquent des inondations chroniques dans les 30 prochaines années, la durée habituelle des emprunts immobiliers aux Etats-Unis.

"Un risque à court terme, bien avant la montée des eaux"

À seulement quelques blocs des plages, tout juste en dehors des zones inondables, les promoteurs s'activent encore à construire des maisons qui n'ont pas d'obligation légale de souscrire une assurance inondation, une économie à court terme qui présage un désastre économique à long terme, selon l'UCS. Dans l'ensemble des Etats-Unis, 311.000 maisons côtières, d'une valeur de 120 milliards de dollars, présentent un risque d'inondations chroniques d'ici 2045, indique le rapport.

Ce risque d'inondations n'a rien à voir avec les ouragans et les tempêtes : le danger vient des marées hautes, de plus en plus hautes, quand l'eau se déverse dans les rues, sur les trottoirs, dans les magasins et les maisons - même par beau temps. "Ce risque existe à relativement court terme, bien avant que tout soit complètement inondé, et cela peut arriver sans tempête", explique Rachel Cleetus, économiste à l'UCS. Or le marché immobilier ne prend pas en compte ces risques, dit la chercheuse, qui avertit qu'une correction économique est 

Une catastrophe au ralenti

L'organisation a publié sur son site une carte interactive montrant les zones les plus à risque selon elle, sur la base d'un scénario de forte montée des eaux. Pour les propriétaires, dont la maison est souvent l'actif le plus important, il est nécessaire de prendre en compte le haut de la fourchette de risque, dit Rachel Cleetus. Des inondations chroniques sont définies comme se produisant au moins 26 fois par an.

En Floride, le niveau des océans devrait monter de 55 centimètres d'ici 2045, et 1,95 m d'ici 2100, selon ce scénario - alors que l'altitude moyenne dans l'Etat est d'environ 1,80 m, et que beaucoup d'endroits sont en dessous de zéro. "C'est une catastrophe au ralenti", résume l'économiste. Miami, la baie de Tampa et les très touristiques îles des Keys sont les plus exposées en Floride. Des quartiers entiers pourraient être inondés de façon permanente, un coût astronomique pour les propriétaires mais aussi pour les municipalités, qui perdraient en population et en recettes fiscales.

Les cartes fédérales des zones inondables n'ont pas été remises à jour depuis plusieurs décennies 

Le problème est que les acheteurs de maisons ne prennent en compte que les cartes de l'Etat fédéral américain, qui n'ont souvent pas été remises à jour depuis des années ou des décennies. À Sarasota, nombre d'habitants disent ne pas avoir besoin d'assurance inondation car ils ne sont pas dans les zones inondables officielles. Une décision absurde, s'évertuait à expliquer récemment Desiree Companion, experte en inondations du comté de Sarasota, lors d'une réunion publique. Elle a raconté aux sept participants que les cartes fédérales sont fondées sur un risque de précipitations de 25 centimètres en 24 heures, un événement météorologique censé arriver une fois par siècle. L'an dernier, l'ouragan Harvey a déversé 129 cm en 24 heures sur le Texas. "Tout le monde est en zone inondable", lance-t-elle.

Ce n'est pas seulement la faute du gouvernement fédéral, nuance Jeffrey Huber, professeur à l'école d'architecture de la Florida Atlantic University. "Les agents immobiliers ne sont nulle part obligés de dire aux acheteurs que leur maison est vulnérable face à la montée du niveau des océans", dit-il à l'AFP, blâmant également les municipalités. "Les gens ne sont pas assez informés", regrette-t-il.

La solution : limiter le réchauffement climatique

Une solution existe : limiter les émissions de gaz à effet de serre, et donc le réchauffement de la planète et la fonte des glaces, ce qui est l'objectif de l'accord de Paris sur le climat. Selon Astrid Caldas, de l'UCS, 85% des propriétés à risque pourraient être sauvées si l'objectif de l'accord de Paris de limiter à 2 degrés le réchauffement de la planète était atteint. Mais le président américain Donald Trump a sorti les Etats-Unis de l'accord l'an dernier.

 

Vanessa Dimitri LAGNAU PAQUIER sur

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