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Le 28.01.2018 : Inondations : que craindre des nouvelles pluies?

Pluie

 

Dans un contexte où les niveaux des cours d'eau du bassin parisien restent très élevés, l'arrivée de nouvelles pluies à partir de mercredi doit-il faire craindre de nouvelles crues?

Le niveau de la Seine et des affluents se stabilise (autour de 5,80 m à Paris et 5,20 à Poissy). L'onde de crue sera marquée en aval, se heurtant aux grandes marées à partir de mercredi. En amont, il conviendra de surveiller l'impact des nouvelles pluies qui tomberont à partir de mercredi : même si la décrue sera amorcée, ces nouvelles pluies pourraient la ralentir et maintenir des niveaux d'eau élevés sur tout le bassin versant de la Seine. Cette crue risque de durer longtemps. Les lacs réservoirs, censés retenir l'eau en amont, sont pleins à 80%, et parfois proches de la saturation. Si ces pluies venaient à se renouveler, la situation pourrait devenir assez critique.

 

En savoir plus:

Le rôle des grands lacs réservoirs

Depuis les années 1960, une politique de grands travaux a conduit à la création de grands lacs de rétention des eaux des affluents de la Seine descendant des plateaux du Morvan et de Langres, en amont de Paris : l’objectif étant de contenir les eaux lors d’épisodes pluvieux importants afin d’éviter (ou de retarder) les crues vers Paris, et à l’inverse de maintenir un niveau d’eau suffisamment élevé pendant l’étiage estival (période de basses eaux), notamment pour la navigation fluviale. Ces lacs ont un rôle majeur dans l’irrigation de la Champagne sèche et constituent aussi un attrait touristique indéniable en raison de leur immensité (plages, navigation). Ces lacs-réservoirs sont capables d’abaisser le niveau de la Seine à Paris de 50 à 70 cm en cas de crue.

Les plus connus et les plus grands sont ceux du Der-Chantecoq (lac-réservoir mise en service en 1974 et situé aux confins de la Marne et de la Haute-Marne) et de la forêt d’Orient (Aube). Celui du Der, régulateur de la Marne, est le plus grand lac artificiel de France et même d’Europe (hors lacs de barrages hydroélectriques) avec une superficie de 4800 Ha, retenant 350 millions de m3 d’eau (et jusqu’à 364,5 millions de m3 en capacité maximale). Actuellement, le lac du Der est actuellement plein à ras-bord (à 93%), débordant même légèrement sur les quais des ports de plaisance et dans certains herbages limitrophes (ce qui constitue en quelque sorte une soupape de sécurité à la montée des eaux) . La capacité maximale n’est pas encore atteinte mais la marge est faible : elle sera utilisée dans ces prochains jours, mais dès lors, la Marne ne pourra plus être régulée. Selon des sources locales, cette situation ne nécessite pas des lâchers d’eau, mais désormais le lac est en " circuit fermé " : il n'y a plus d'entrée d'eau dans le le lac et l'eau de la Marne coule dans son lit naturel sans passer par le lac, ce qui ne régule plus son débit et ce qui contribue d’ailleurs au maintien d’un niveau élevé de la Marne.

Même situation sur le lac de la forêt d’Orient (rétention de la Seine amont), dont le remplissage est proche du niveau maximal. On s’approche du seuil des 200 millions de m3 d’eau mais il y a encore une marge de l'ordre de 10 à 15%. Cependant, là aussi, on s’attend à dépasser " l’objectif de gestion " dans les prochains jours. Ces hauts niveaux expliquent pourquoi la Seine champenoise reste en crue durable, conjugués à la remontée des nappes phréatiques à l’affleurement (c’est à dire au niveau du sol). Les volumes du lac de Pannecière dépassent cette fois-ci largement le seuil de l’année dernière, tandis que ceux du Temple et d’Amance (sur l’Aube) s’apprêtent à dépasser les 180 millions de m3.

 

Vanessa Dimitri LAGNAU PAQUIER sur

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