Astronomie en générale

RETROUVEZ L'ASTRONOMIE EN GENERAL

 

Les éphémérides de 2017

  • Le 26.06.2018:Les géocroiseurs, des astéroïdes dangereux

    Les astéroïdes peuvent nous fournir de formidables renseignements sur la naissance du Système solaire. Certains, les géocroiseurs, représentent toutefois une menace pour la Terre. Découvrez tout de ces objets aussi précieux qu’inquiétants dans ce dossier.

    Les astéroïdes sont-ils une menace pour la Terre ? Depuis une trentaine d'années seulement, nous commençons à prendre conscience de la possibilité d'une collision d'un astéroïde avec notre planète.

    D'après Steven Ostro (chercheur à la Nasa), il y aurait 2.000 astéroïdes dont la taille dépasserait 1 kilomètre, quelques centaines de milliers les 100 mètres et peut-être 150 millions les 10 mètres.

    •  
    •  
    •  
    •  

    Le célèbre Meteor Crater d'Arizona (1 kilomètre de diamètre) est le résultat de l'impact d'une météorite d'à peine 15 mètres de diamètre. © Steve Jurvetson, CC by-nc 2.0

    Le célèbre Meteor Crater d'Arizona (1 kilomètre de diamètre) est le résultat de l'impact d'une météorite d'à peine 15 mètres de diamètre. © Steve Jurvetson, CC by-nc 2.0 

    Au début des années 1970, seulement 13 astéroïdes géocroiseurs ont été repérés : ce qui laissait entrevoir un risque de collision peu élevé. C'est à cette époque qu'on a réalisé le danger présenté par les géocroiseurs. En effet, les missions Apollo ont montré que la multitude des cratères lunaires était due à l'impact d'astéroïdes. Si la Lune a subi un bombardement intense, la Terre en a sûrement été elle aussi victime.

    •  
    •  
    •  
    •  

    La fréquence des collisions des astéroïdes sur Terre. © idé

    La fréquence des collisions des astéroïdes sur Terre. © idé 

    Les impacts d'astéroïdes : le Meteor Crater et le cratère de Chicxulub 

    Cependant, on retrouve peu de traces d'impacts sur la Terre parce qu'elle est constamment remodelée par l'érosion, l'activité tectonique et le volcanisme. Le célèbre Meteor Crater d'Arizona (1 kilomètre de diamètre, voir la photo ci-dessus) est le résultat de l'impact d'une météorite d'à peine 15 mètres de diamètre. De plus, le choc d'un astéroïde de 30 mètres de diamètre dégage une énergie équivalente à celle de la bombe Hiroshima. Suivant la taille de l'objet, les conséquences peuvent donc être cataclysmiques.

    Il y a environ 65 millions d’années, près de la péninsule du Yucatán, au Mexique, une météorite de plus de 10 km de diamètre s’écrasa sur Terre formant le cratère de Chicxulub. Le choc, équivalent à environ un million de bombes atomiques, serait en partie responsable de l’extinction des dinosaures. Discovery Science revient sur cet évènement en vidéo. © Discovery Science

    Pour Michel Grenon, astrophysicien à l'observatoire de Sauverny, la chute d'un astéroïde de quelques kilomètres provoquerait des séismes majeurs, des éruptions volcaniques, des raz de marée monstrueux ainsi que des nuages de poussière masquant les radiations solaires et provoquant ainsi l'équivalent d'un hiver nucléaire.Par exemple, le cratère de Chicxulub (180 kilomètres de diamètre), au large du Yucatan, au Mexique, a été causé par la chute d'un astéroïde de taille moyenne : 9 à 10 kilomètres de diamètre. Sa vitesse a été estimée entre 30 et 50 kilomètres par seconde. Il a créé une vague qui est remontée sur 2.000 kilomètres à l'intérieur des terres, dans la plaine du Mississippi (il y a 65 millions d'années) et a en partie causé l'extinction des dinosaures…

    Astéroïdes : comment prévenir la catastrophe ?

    La vitesse des astéroïdes étant considérable, la détection et le calcul de leur trajectoire en est rendu plus difficile. De bons télescopes permettent, avec un temps de pose de l'ordre de 20 minutes, de prendre une photo d'une portion de ciel. On y voit des petits points, représentant des objets immobiles, et des sortes de traînées souvent assimilées à des astéroïdes. On calcule ensuite leur orbite, par extrapolation. Évidemment, plus ils sont gros et proches, mieux on les détecte. Un astéroïde non identifié au préalable et qui viendrait du centre du Système solaire serait impossible à repérer visuellement.

    La mission Aida est destinée à tester la déviation d'un astéroïde avec un impacteur, un petit engin propulsé à grande vitesse et venant s’écraser à la surface de l’astre. L’Esa (Agence spatiale européenne) nous en dit plus au cours de cette vidéo de présentation du projet. © Esa

    En 25 ans d'observations, on a identifié quelque 250 astéroïdes géocroiseurs. Les astronomes estiment qu'on a repéré à peine 10 % des plus gros d'entre eux. Afin de quantifier plus précisément le risque de collision avec la Terre, un programme de surveillance du ciel a été mis en place, Spaceguard Survey, utilisant un réseau de télescopes de 2 à 3 mètres de diamètre. L'objectif recherché est de découvrir 90 % de l'entière population des astéroïdes géocroiseurs, ou Earth-Crossing Asteroids (ECA) en anglais, de taille kilométrique. Nous serions à même de prévoir l'évolution orbital de ces objets et de prévenir tout danger de collision avec des moyens qui restent à définir (voir vidéo ci-dessus).

    •  
    •  
    •  
    •  

    Dessin d'une collision entre un astéroïde et la Terre. © Don Davis, Nasa, DP

    Dessin d'une collision entre un astéroïde et la Terre. © Don Davis, Nasa, DP 

    Les grands cataclysmes sont particulièrement rares. Ils ne surviennent pas plus d'une fois tous les 100 millions d'années. Quant à une catastrophe de moindre envergure, nous avons des chances d'y échapper puisque la présence humaine ne s'étend que sur 3 % de la surface de la Terre.

    •  
    •  
    •  
    •  

    LeBarringer Meteor Craterprès de Winslow, en Arizona, estun des exemples les mieux conservés de cratères d'impact sur Terre. © D. Roddy, Wikimedia Commons, DP

    LeBarringer Meteor Craterprès de Winslow, en Arizona, estun des exemples les mieux conservés de cratères d'impact sur Terre. © D. Roddy, Wikimedia Commons, DP 

    Enfin, l'histoire nous montre clairement que nous avons beaucoup à apprendre sur les astéroïdes. À ce sujet, en février 1996, la Nasa a lancé la sonde Near Shoemaker(Near pourNear-Earth Asteroïd Rendezvous) qui se plaça en orbite autour de l'astéroïde 433 Éros en février 2000 et qui finit sa mission en février 2001.

  • Combien d'étoiles peut-on voir à l'œil nu ?

     

    Lorsque l'on tourne les yeux vers le ciel, la nuit, on a parfois l'impression d'y voir, à l'œil nu, une quantité innombrable d'étoiles. Pas si innombrable que cela, en réalité...

    Les bons logiciels d'astronomie amateur recensent dans notre ciel environ 10.000 étoiles dites « visibles à l'œil nu ». Mais les estimations du nombre d'étoiles que l'on peut distinguer, depuis chacun des hémisphères de notre planète et sans utiliser d'instrument, tournent plutôt autour de 3.000.

    Et si la réponse à cette question n'est pas si évidente, c'est qu'elle dépend en fait de bien des paramètres.

    L’œil, un instrument performant

    Il faut tout d'abord savoir que, même si la sensibilité de l'œil humain est assez extraordinaire, celui-ci présente tout de même certaines limites physiologiques. Il n'est ainsi pas capable de distinguer un flux de moins de 50 photons par seconde. Ceci correspond approximativement au flux reçu au fond de l'œil par une étoile de magnitude 6. Bien sûr, ces valeurs varient d'un individu à un autre, en fonction de la qualité de sa vue.

    VOIR AUSSI :Combien y a-t-il d’étoiles dans la Voie lactée ?

    Les conditions d’observation des étoiles

    Certains observateurs prétendent pouvoir voir à l'œil nu des étoiles dont la magnitude descend jusqu'à 7,5. Mais, pour cela, il est indispensable de regarder le ciel dans des conditions optimales. Car les perturbations atmosphériques et la pollution lumineuse, notamment, influent négativement sur notre capacité à distinguer plus d'étoiles dans le ciel.

    Un nombre infime d'étoiles visibles à l'œil nu

    Ainsi, même dans des conditions d'observation idéales, nous ne pouvons voir à l'œil nu qu'une fraction infime des quelque 200 milliards d'étoiles que contient notre galaxie, la Voie lactée. Et ne parlons même pas des 1023 étoiles qui sont censées peupler notre univers !

    Des astronomes amateurs participent à l'aventure spatiale  Les astronomes amateurs sont nombreux et de mieux en mieux équipés. C’est pourquoi, les agences spatiales font de plus en plus appel à eux pour de l’observation ou des travaux de mesures, comme on peut le voir durant cette vidéo du Cnes. 

    Vous avez aimé cet article ? N'hésitez pas à le partager avec vos ami(e)s et aidez-nous à faire connaître Astro Photo Météo 53 :) ! La Rédaction vous remercie.

  • Que veut dire le mot Zodiaque ?

     

    Le zodiaque est une zone de la sphère céleste parallèle à l'écliptique dans laquelle se situe le mouvement apparent du Soleil.

    Un observateur sur Terre voit le Soleil, les planètes et la Lune se déplacer dans la bande du zodiaque car tous semblent bouger dans le même plan de l'écliptique. La bande du zodiaque s'étend environ à 8° de latitude de part et d'autre du plan de l'écliptique.

    Étymologiquement, le terme « zodiaque » vient d'un mot grec qui signifie « cercle des petits animaux », car les constellations du zodiaque sont souvent des animaux (bélier, poissonslion...).

    Différences entre le zodiaque en astronomie et en astrologie

    L'écliptique traverse treize constellations. En astrologie, le zodiaque est toutefois divisé en douze zones de 30° associées aux douze signes du zodiaque : Bélier, Taureau, Gémeaux, Cancer, Lion, Vierge, Balance, Scorpion, Sagittaire, Capricorne, Verseau et Poissons. Pour les astrologues qui rédigent des horoscopes, une personne née lorsque le Soleil apparaît dans une constellation donnée (par exemple, celle du Bélier entre le 21 mars et le 20 avril) sera de ce signe astrologique. À cause du phénomène de précession des équinoxes, il existe aujourd'hui environ un mois de décalage entre le signe du zodiaque d'une période donnée et la constellation où s'observe le Soleil.

    Du point de vue astronomique, le Soleil traverse une treizième constellation située entre le Scorpion et le Sagittaire : le serpentaire (Ophiuchus). Le zodiaque au sens des astronomes n'est donc pas le même que celui des astrologues.

    La Terre de nuit filmée en timelapse par Thomas Pesquet  Dans cette vidéo en accéléré filmée par Thomas Pesquet, on file de l’Europe du nord à l’Asie centrale. Toute cette partie du Globe était alors plongée dans la nuit. Les villes brillent plus que les étoiles, dont on reconnaît les constellations, en arrière-plan au-dessus de la lueur verdâtre de l’atmosphère terrestre. 

    Vous avez aimé cet article ? N'hésitez pas à le partager avec vos ami(e)s et aidez-nous à faire connaître Futura :) ! La Rédaction vous remercie.

  • Pourquoi ne sent-on pas que la Terre tourne ?

     

    On ne le sent pas mais pourtant la Terre tourne sur elle-même. Ainsi, un point situé à l'équateur parcourt quelque 1.670 km par heure !

    Nous ne sentons pas la Terre tourner mais cela n'empêche pas les objets situés à sa surface de trahir son mouvement. En effet, la rotation de la Terre est responsable d'une force de Coriolis qui dévie les mouvements inertiels vers la droite dans l'hémisphère nord et vers la gauche dans l'hémisphère sud. C'est ainsi que, grâce à un pendule suspendu à la voûte du Panthéon, Léon Foucault a fait la démonstration de la rotation de la Terre en 1851.

    La rotation de la Terre, un mouvement uniforme

    La vitesse de rotation de la Terre est certes relativement élevée. L'important reste toutefois que cette vitesse soit constante. Le mouvement de rotation de la Terre est uniforme, ce qui ne donne lieu à aucune sensation particulière. Installez-vous dans un train. Lorsque celui-ci circule à sa vitesse de croisière, on ne sent rien, même s'il s'agit du TGV. Seuls les accélérations et les freinages peuvent être physiquement ressentis. En effet, dans ces moments-là, des forces nous attirent vers notre siège ou nous en repoussent.

    Les effets de la force centrifuge

    Pour suivre le mouvement circulaire de la Terre, il faut bien qu'une force s'applique sur le corps. À défaut, le principe d'inertie nous ferait nous déplacer en ligne droite. La force en question est celle de la pesanteur, laquelle se décompose en deux termes :

    • la force de gravitation (responsable d'une accélération de 9,8 m/s2) qui résulte de la masse de la Terre et qui nous attire vers son centre ;
    • la force centrifuge (responsable d'une accélération d'environ 0,02 m/s2) qui résulte de la rotation de la Terre et qui a tendance à nous en éjecter.

    Pour ressentir la rotation de la Terre, il faudrait que l'effet centrifuge soit plus fort que la gravité.

    Lire la suite

  • Comment une boussole indique-t-elle le pôle nord magnétique ?

     

    On sait qu'une boussole indique le pôle nord magnétique. Mais de quoi s'agit-il exactement ? Découvrez comment une boussole indique le pôle nord magnétique.

    On parle de nord magnétique mais il s'agit en fait du pôle sud de l'aimant constitué par la Terre. Ce repère particulier ne se trouve pas précisément sur le pôle Nord géographique, défini comme le point de contact entre l'axe de rotation de la Terre et la surface de la planète.

    En réalité, il est en perpétuel mouvement (il se déplace quelques années de 55 kilomètres). Il se trouve désormais au nord du Canada et semble se diriger vers la Sibérie.

    Le magnétisme terrestre provient du noyau externe

    La position de ce point dépend des mouvements du noyau externe de la planète (à plus de 3.000 kilomètres sous la surface) composé à 85 % par du fer en fusion. Grâce aux propriétés conductrices du métal, des petits courants électriques vont alors se former. Ce magma mobile agit donc à peu près comme une bobine géante et engendre le champ magnétique de la Terre, la dotant d'un pôle nord et d'un pôle sud magnétiques.

    Nous ne ressentons pas consciemment ce champ magnétique, mais les aimants sont capables de les détecter (ainsi que certains animaux : c'est la magnétoréception). Une boussole, ce n'est rien d'autre qu'un aimant très léger et mobile qui ne subit que peu de forces de frottement, ce qui lui permet de s'aligner sur le champ magnétique terrestre. Ainsi, comme les opposés s'attirent, le pôle nord de la boussole s'oriente vers le pôle sud de l'aimant généré par la Terre, ce que nous qualifions de pôle nord magnétique.

     

     

    5 phénomènes magnétiques étonnants  Les champs magnétiques sont invisibles et pourtant ils sont à l’œuvre dans notre quotidien. Ferrofluide, supraconductivité ou encore accélérateur de particules, Futura-Sciences a réuni pour vous cinq phénomènes étonnants qui utilisent les forces magnétiques. 

    Vous avez aimé cet article ? N'hésitez pas à le partager avec vos ami(e)s et aidez-nous à faire connaître Astro Photo Météo 53 :) ! La Rédaction vous remercie

  • La vie sur Terre est-elle vraiment apparue dans les océans ?

     

    La vie a peut-être fait son apparition dans des sources hydrothermales mais étaient-elles océaniques ou terrestres ? Une découverte en Australie relance le débat : des structures pourraient avoir été formées par des micro-organismes dans des sources chaudes sur un continent il y a 3,48 milliards d'années.

    CE QU'IL FAUT RETENIR

    Les traces probables les plus anciennes de la vie ont été trouvées dans des roches formées par des sources hydrothermales dans les océans de l'Archéen.
    On vient d'en trouver de nouvelles dans des roches australiennes qui se sont formées à une époque comparable mais qui se sont déposées au bord de geysers, sur les terres émergées, il y a 3,48 milliards d'années ce qui serait un record dans ce cas précis.
    La vie n'est peut-être pas née dans les océans mais sur les continents. Cependant, il reste du travail pour confirmer cette hypothèse.
    Dans une lettre adressée à son ami, le grand botaniste et explorateur britannique Joseph Dalton Hooker, Darwin évoque brièvement en 1871 un lieu et un scénario possibles pour l'origine de la vie en ces termes : « Quelque petite mare chaude, en présence de toutes sortes de sels d'ammoniacet d'acide phosphorique, de lumière, de chaleur, d'électricité, etc. », où « un composé de protéinefut chimiquement formé, prêt à subir des changements encore plus complexes ».

    Au siècle suivant, dans les années 1920 le biochimiste russe Alexander Oparine et le biologiste anglais John Burton Haldane vont reprendre l'hypothèse de Darwin en remplaçant sa petite mare chaude par les mers et les océans de la Terre primitive, enrichis en molécules prébiotiques par des réactions au sein de l'atmosphère initiale de la Terre, supposée différente de celle d'aujourd'hui.

    Le tout jeune chimiste Stanley Miller va les prendre au sérieux. Afin de tester ce qui a été finalement appelée la théorie de la soupe chaude primitive, il réalisa donc sa fameuse expérience en reconstituant un mélange des gaz que l'on supposait présents dans l'atmosphère de la Terre primitive et en les soumettant à des décharges électriques, comme ceux des orages, ainsi qu'à un rayonnement UV similaire à celui du jeune Soleil. Tout récemment, un nouvel avatar de l'expérience de Miller, simulant l'effet des impacts d'astéroïdes, a même permis de produire les fameuses bases azotées de l'ARN.

     

    Les sources chaudes non loin du volcan Taupo en Nouvelle-Zélande donnent peut-être un aperçu des conditions qui ont permis à la vie d'apparaître sur Terre, voire sur Mars. © Andrew Burton

    Des petites mares chaudes de Darwin archéennes en Australie ?

    Toutefois, depuis quelques décennies, les exobiologistes ont favorisé un scénario bien spécifique. Il fait intervenir les sources hydrothermales au fond des océans (d'autres font intervenir des pierres ponces ou des volcans de boue). Les travaux de biologie moléculaire favorisent en particulier ce scénario. Mais toutes les explications imaginées restent hypothétiques. L'environnement et le chimisme de la Terre primitive étaient certainement différents de ceux que l'on peut observer aujourd'hui.

    Tout récemment, une équipe d'exobiologistes australiens menée par Tara Djokic de l'University of New South Wales a publié un article dans Nature Communications suggérant que Darwin pourrait bien avoir été plus proche de la vérité qu'on ne le pensait. Les plus anciennes traces de vie les plus convaincantes (car il y a encore débat) proviennent d'environnements marins au début de l'Archéen, c'est-à-dire il y a entre 4 et 3,5 milliards d'années environ. Mais il s'agit peut-être d'un biais dû au fait que l'on a surtout trouvé des roches en provenance de ce genre de milieu. C'est en tout cas une des raisons qui laissent penser que la vie est née dans les océans et qu'elle a ensuite lentement mais sûrement gagné les continent.

    Mais, selon Djokic et ses collègues Martin Van Kranendonk, Malcolm Walter, Colin Ward et Kathleen, les roches qu'ils ont trouvées au nord-ouest de l'Australie, sur les fameux sites du désertde Pilbara, suggèrent que la vie existait bel et bien sur les continents dès cette époque. Ces organismes auraient barboté dans des sources chaudes d'eau douce comparables à celles de la zone volcanique de Taupo, une région volcanique assez active de l'île du nord de la Nouvelle-Zélande, ou encore dans celles d'El Tatio, au Chili.

     

     

     


    Les roches où se cachent peut-être les plus anciennes traces de vie sur les continents émergés. Elles se trouvent à Pilbara en Australie. © Kathy Campbell, University of New South Wales 

    Des structures fossilisées ressemblant aux tapis microbiens

    Les chercheurs ont en effet fait plusieurs découvertes dans les roches du Craton de Pilbara, âgées de 3,48 milliards d'années et présentes dans les archives géologiques de la formation Dresser. Il s'agissait clairement de dépôts de geysérite, une forme de silice amorphe hydratée constituant une roche qui se dépose, comme son nom l'indique, au bord des geysers. Elle se trouve, par exemple, associée à l'eau des systèmes hydrothermaux de Yellowstone, le plus souvent saturée en dioxyde de silicium. Lorsque ces eaux siliceuses se refroidissent, la solubilité de cette silice diminue et elle précipite en donnant la geysérite.

    Or, ces dépôts sont associés à des stromatolites qui, de nos jours, sont le produit de l'activité des cyanobactéries. Surtout, les exobiologistes ont identifié des structures similaires à celles des tapis microbiens, à savoir des bulles de gaz engluées dans ces tapis et qui peuvent ensuite former des structures fossilisées dans la geysérite.

    Si les chercheurs ont raison, la découverte est d'importance car elle apporte de l'eau au moulin de ceux qui pensent que la vie n'a en fait pas pu naître dans les sources hydrothermales océaniques. Sur les continents, les structures et les composants prébiotiques des cellules pouvaient plus facilement se concentrer dans les petites mares entourant les geysers, du fait de leur évaporation à répétition à l'air libre, augmentant du coup les chances que ces composants s'assemblent en structures plus complexes.

    Il y a donc peut-être de bonnes chances de trouver des formes de vie fossilisées dans les systèmes hydrothermaux similaires à ceux d'El Tatio. Or, ils semblent avoir existé sur Mars dans la région des collines Columbia. Une raison de plus d'envoyer des rovers sur place dans les années 2020.

     

    Mission ExoMars : en quête de vie sur la Planète rouge  La mission ExoMars est parmi les plus ambitieuses jamais entreprises sur la Planète rouge. Elle a pour but d'y rechercher des traces de vies passées ou présentes. L'ESA nous offre en vidéo un avant-goût de cette mission qui s’avère passionnante. 

    Vous avez aimé cet article ? N'hésitez pas à le partager avec vos ami(e)s et aidez-nous à faire connaître Astro Photo Météo 53 :) ! La Rédaction vous remercie.

  • Quelle est la taille de l'univers ?

    Pour l'établir, revenons sur ce que nous savons.

    Lire la suite

  • Naissance de l'espace-temps

    Relativité restreinte et naissance de l'espace-temps

    Lire la suite

  • Comment reconnaître une météorite ?

     

    Vous pensez qu'une météorite est tombée dans votre jardin ou dans un champ près de chez vous ? qu'une pierre trouvée sur votre chemin vient de l'espace ? Voici quelques astuces qui vous permettront d'identifier une météorite.

    Selon les estimations, environ 4.400 météorites de plus d'un kilogramme atteignent le sol terrestre chaque année. Une grande partie d'entre elles ont coulé au fond des océans, lesquels représentent plus de 70 % de la surface terrestre. Néanmoins, cela ne suffit pas à décourager les chasseurs de ces fragments d'astéroïdes, morceaux de Lune - et même de Mars pour les plus rares - échoués sur notre planète.

    Pour maximiser les chances de découvrir ces pépites, le plus simple est de sillonner des surfaces relativement uniformes, couvertes, par exemple, de neige ou de sable. Il s'agit notamment des déserts chauds ou glacés comme les vastes étendues blanches de l'Antarctique. En effet, dans ces milieux peu peuplés, les seules pierres que l'on puisse cueillir sur le sol sont celles qui sont tombées du ciel.

    Enfin, si en vous promenant, une pierre sur votre chemin aiguise votre curiosité ou encore si vous êtes témoin d'un évènement météoritique et que vous vous lancez à la recherche d'un fragment qui aurait touché le sol, voici quelques indications qui vous permettront d'éliminer les fausses pistes.

    Lire la suite

  • Pourquoi la planète Mars est-elle rouge ?

    Dans le ciel, la planète Mars apparaît comme un astre rouge. Une couleur qu'elle doit à son sol composé essentiellement d'oxyde de fer.

    Interview : pourquoi la Nasa n'envoie-t-elle personne sur Mars ?  La prochaine étape de la conquête spatiale est indubitablement Mars. Néanmoins, le voyage est constamment repoussé depuis plusieurs années par la Nasa. Futura-Sciences a interviewé Charles Frankel, planétologue, afin qu’il nous explique pour quelles raisons. 

    Mars est l'une des cinq planètes visibles à l’œil nu. Ainsi, dans l'Antiquité déjà, les Romains avaient constaté dans le ciel la couleur rouge si particulière de la quatrième planète du Système solaire. Traduisant sa couleur comme le résultat du sang versé sur d'immenses champs de bataille, ils ont choisi de lui donner le nom de leur dieu de la guerre.

    Une planète rouge comme la rouille

    Aujourd'hui, nous savons qu'aucune guerre sanglante n'a eu lieu sur le sol de la Planète rouge. Si Mars nous apparaît ainsi teintée, c'est que son sol est assez largement composé d'oxyde de fer. De la rouille, en quelque sorte.

    En effet, il y a plus de 3 milliards d'années, alors qu'elle n'était pas rouge du tout, la planète aurait rencontré un évènement solaire lui ayant littéralement soufflé son atmosphère. Particulièrement ténue, celle-ci aurait alors lentement oxydé un sol martien riche en fer.

    Mars est plus rougeâtre que rouge

    En réalité, la planète Mars n'a pas une couleur rouge sang, comme l'avait imaginé nos lointains ancêtres, mais plutôt rougeâtre, avec des nuances de brun et d'orange.

    Une couleur qui est tantôt accentuée par les tempêtes qui secouent la planète, soulevant des nuages de sables rougeâtres, tantôt atténuée lorsque les conditions météorologiques sont calmes.

    •  
    •  
    •  
    •  

    Le télescope spatial Hubble offre ici deux vues de la Planète rouge. On y découvre Mars avant et pendant la grande tempête de poussières de l’été 2001. © Nasa, Wikipedia, DP

     

     

    Lire la suite

  • Comment utiliser un télescope

    Articles en 3 parties:

    Les télescopes sont des instruments d’optique qui permettent d’admirer le ciel étoilé en augmentant la luminosité et la taille apparente des objets à observer. Il est pratiquement impossible de décrire l’excitation que procure l’observation des corps célestes, comme les galaxies éloignées, les amas d’étoiles brillantes, les nébuleuses flamboyantes, les planètes du système solaire et la Lune.

    Lire la suite

  • LES SAISONS SUR LES AUTRES PLANÈTES DU SYSTÈME SOLAIRE

    LES SAISONS SUR LES AUTRES PLANÈTES DU SYSTÈME SOLAIRE

       


     

    Y'a-t-il un été sur Vénus? Combien de temps dure l'hiver sur Neptune? Nous sommes accoutumés sur Terre à ces successions de changements climatiques, avec les variations notables de la durée d'ensoleillement, des températures, de la météorologie, que sont les saisons. La Terre est-elle, comme sur de nombreuses caractéristiques, une exception, ou existe-t-il également des saisons, des modifications régulières chroniques du climat, sur les autres planètes du système solaire?

    Lire la suite

  • Les différents types de galaxies

    Les différents types de galaxies

    Lire la suite

  • La surface du Soleil, les taches et le magnétisme

    La surface du Soleil, les taches et le magnétisme

    Lire la suite

  • Les aurores boréales

    Les différentes caractéristiques des aurores

    Lire la suite

  • Le Soleil

    Le Soleil

    Lire la suite

  • L’espace-temps autour d’un trou noir

    L’espace-temps autour d’un trou noir

    Lire la suite

  • Notre Voie Lactée en détailles

    LES PREMIERES ETUDES DE LA VOIE LACTEE

     

    La partie la plus fascinante du ciel nocturne est une bande blanchâtre et diffuse qui traverse la voûte céleste : la Voie Lactée. En utilisant sa lunette au XVIIe siècle, Galilée fut le premier astronome à comprendre que cette dernière est en fait constituée d’une myriade d’étoiles qui se concentrent dans une région du ciel en forme de bande. La concentration est telle que l’oeil humain ne peut plus discerner les étoiles les unes des autres et ne voit qu’une bande diffuse.

    Milky Way

    Un spectacle fabuleux dans la voûte céleste : la Voie Lactée. Crédit : W.-H. Wang

    La forme de la Voie Lactée et le fait qu’elle semble encercler la Terre suggérèrent aux astronomes, en particulier à l’Anglais Thomas Wright au milieu du XVIIe siècle, que le Soleil et les autres étoiles devaient former un système très aplati. Au XVIIIe siècle, le philosophe allemand Emmanuel Kant avança l’idée que la Voie Lactée était un système d’étoiles en forme de disque. En regardant dans la direction du disque, on apercevait un immense nombre d’étoiles qui se confondaient pour donner une impression de bande diffuse. Dans la direction perpendiculaire, par contre, on ne voyait que quelques étoiles proches et rien au-delà, ce qui donnait cette impression relative de vide.

    Les premières analyses de la Voie Lactée

    Les premières tentatives pour aller plus loin furent couronnées d’un succès limité. Dans les années 1780, William Herschel, le découvreur d’Uranus, se lança dans la première analyse quantitative de la structure de la Voie Lactée. Il divisa la voûte céleste en une multitude de régions et compta le nombre d’étoiles visibles dans chacune de ces régions. Ceci devait lui permettre de reconstituer la forme de la Voie Lactée dans l’espace et de déterminer la position du Soleil par rapport à l’ensemble.

    Les observations d’Herschel semblèrent montrer que la distribution du nombre d’étoiles dans la Voie Lactée était plus ou moins uniforme et il en conclut que le Soleil se trouvait au centre du disque. Plus tard, au début du XXe siècle, le Néerlandais Jacobus Kapteyn, réalisa une analyse plus poussée et arriva au même résultat. Il s’essaya même à déterminer la taille de la Voie Lactée, qu’il estima à 40.000 années-lumière.

    William Herschel

    William Herschel : Hannover, 1738 – Slough, 1822

    La Voie Lactée cachée par le milieu interstellaire

    Nous savons aujourd’hui que les deux astronomes se trompèrent dans leurs conclusions car ils ne tinrent pas compte de l’effet du milieu interstellaire. Or, celui-ci diffuse la lumière des étoiles. Ainsi, à partir d’une certaine distance, le rayonnement d’une étoile est tellement affaibli que nous ne pouvons plus le détecter. En conséquence, nous ne pouvons observer qu’une petite fraction des étoiles de la Voie Lactée, celles qui sont suffisamment proches. Peu importe la position du Soleil, au centre ou pas, Herschel et Kapteyn allaient trouver une distribution uniforme d’étoiles car ils ne pouvaient observer que le voisinage du Soleil.

    Heureusement pour notre connaissance de l’Univers, le milieu interstellaire n’obscurcit pas la lumière toutes les directions. Le gaz et les poussières interstellaires se trouvent concentrés dans le plan de la Voie Lactée comme les étoiles. L’extinction interstellaire est très faible dans les autres directions, ce qui nous permet malgré tout d’observer des objets plus lointains. C’est grâce à cela que les astronomes purent finalement déterminer la forme réelle et la taille de la Voie Lactée, ainsi que la place du Soleil dans l’ensemble.

    Lire la suite