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  • Le 19.10.2017 Un jour, il n’y aura plus qu’un continent sur Terre

    Éruptions volcaniques, tsunamis, tremblements de terre… Notre planète est en constant mouvement et les continents dérivent lentement. Dans plusieurs millions d’années, ils seront à nouveau réunis. Mais où et comment ?

    João Duarte est géophysicien à l’Université de Lisbonne, au Portugal. Son travail : imaginer à quoi ressemblera la Terre dans des dizaines de millions d’années. Récemment, il a émis plusieurs hypothèses sur la forme que prendrait le « puzzle » des continents à la dérive, lorsqu’ils seront emboîtés et réunis en un seul bloc, appelé « supercontinent ».

    Que désigne exactement le mot « supercontinent » ?

    C’est quand 90 % des terres émergées sont rassemblées en un seul bloc. C’est au début du XXe siècle que climatologue et astronome allemand Alfred Wegener a émis, le premier, cette idée de supercontinent.

    L’allemand Alfred Wegener (1880-1930) a théorisé la « dérive des continents » en 1912. (Photo : Wikimédia)

    À l’époque, peu de scientifiques y croyaient, car la tectonique des plaques n’était pas connue. Quand on a découvert l’existence des plaques et de leurs mouvements, à la fin des années 1960, la théorie de Wegener a été reconnue. On a enfin fait le lien entre les tremblements de terre et leur localisation géographique, à la jonction des plaques, tout comme les éruptions volcaniques. On a compris notre planète d’une autre manière….

     

    À quelle époque les continents étaient-ils réunis ?

    Il y a eu plusieurs supercontinents, depuis la formation de la Terre. Le dernier en date serait celui qu’on appelle la Pangée. Il serait apparu il y a environ 320 millions d’années. Quand les continents ont commencé à se déplacer il y a environ 250 millions d’années, la Pangée a ouvert l’océan Atlantique et ces derniers continuent aujourd’hui à dériver.

    La Pangée serait le dernier supercontinent à s’être formé sur la planète. (Photo : Wikimédia)

    Et quand se rejoindront-ils ?

    De nombreux géophysiciens pensent que les supercontinents se forment selon des cycles d’environ 500 millions d’années. Nous sommes actuellement au milieu de ce cycle. Le prochain supercontinent pourrait se former dans 250 à 300 millions d’années.

    À quoi ressemblera-t-il ?

    On ne peut pas précisément deviner ce qu’il se passera. Les plaques pourraient se rejoindre en refermant l’océan Atlantique, mais elles pourraient aussi se rejoindre en refermant l’océan Pacifique… Généralement les continents se rassemblent là où les océans sont les plus « vieux ». Ces océans les plus anciens montrent alors des signes de subduction [quand les plaques tectoniques s’enfoncent dans le manteau terrestre, NdlR] et se mettent à « couler ». Le Pacifique étant l’océan le plus vaste et le plus ancien formé sur Terre, il y a plus de 200 millions d’années, on peut alors supposer qu’il se refermera lors de la formation du prochain supercontinent. Mais l’Atlantique commence lui aussi à montrer des signes de subduction. On imagine donc que le Pacifique et l’Atlantique pourraient se refermer simultanément et que l’océan Indien s’ouvrirait !

    Ces données montrent l’âge des océans. En rouge, les zones formées le plus récemment. Les plus anciennes, qui sont susceptibles de s’enfoncer, sont en en bleu et violet. (Photo : NOAA)

    Comment pouvez-vous prédire l’emplacement et la forme du prochain supercontinent ?

    C’est difficile. Le supercontinent que nous étudions pourrait bien se retrouver au niveau de l’océan Arctique ou encore le long de l’équateur… Nous n’arrivons pas encore à parfaitement comprendre les forces qui dirigent les plaques tectoniques. C’est une théorie très récente, ce qui rend ces phénomènes compliqués à étudier, d’autant qu’ils se produisent sur des périodes extrêmement longues.

    Pour nous aider, nous utilisons un logiciel « open source » [dont le code est en accès libre, NdlR] nommé GPlates. Il permet de manipuler les plaques tectoniques, de tester différentes hypothèses de mouvements à venir. Nous avons d’autres logiciels permettant de modéliser la Terre et manipuler sa géologie, mais cela nécessite des ordinateurs très puissants et la principale difficulté est de pousser ces tests sur des échelles temporelles très longues. C’est un travail très technique que nous couplons avec un travail de terrain comme les études géologiques des volcans ou des chaînes de montagnes.

    « Aurica » est le nom donné à l’un des possibles futurs supercontinents. (Illustration : Geological Magazine / GPlates)

     

    Quelles conséquences cela aurait-il sur le climat et la vie sur Terre ?

    Si le supercontinent se formait par exemple au niveau de l’Arctique, cela entraînerait une très longue période de glaciation de la Terre. Cela s’est déjà produit il y a plus de 600 millions d’années, c’est l’hypothèse de la Terre « boule de neige », une époque où la planète était entièrement gelée et où il n’y avait presque pas de vie.

    Une telle extinction de masse pourrait également se produire si tous les continents se regroupaient le long de l’équateur. L’intérieur des terres serait alors très sec, comme un désert géant, car aucun air humide n’y pénétrerait. La biodiversité est totalement contrôlée par la tectonique des plaques : elle fait apparaître de nouvelles espèces, en fait disparaître certaines, et force les autres à s’adapter. S’il n’y avait pas de tectonique des plaques, il n’y aurait pas de vie.

    Si le supercontinent se formait au niveau de l’océan polaire Arctique, la Terre pourrait connaître une très longue période glaciaire. (Photo : Nasa / JPL / Eric Rignot)

  • Ouragans Irma et José : 1er bilan

     

    L'ouragan Irma est resté très actif pendant le week-end, balayant le nord de Cuba principalement pendant la journée de samedi, avant de gagner la Floride dimanche, en catégorie 4 sur l'échelle de Saffir-Simpson, qui en compte 5. Il s'est ensuite affaibli assez rapidement. L'ouragan José, quant à lui, a frôlé le nord des petites Antilles samedi 9, générant de fortes averses.
     

    Cuba et la Floride touchés par l'ouragan Irma

    Samedi 9 septembre, Irma a longé la côte nord de Cuba, ce qui l'a légèrement affaibli, le faisant rétrograder de la catégorie 5 à la catégorie 3 en cours de la journée. À son passage, on a cependant enregistré des pluies diluviennes - jusqu'à 500 mm en 24 h - et une rafale à 256 km/h dans la province centrale de Ciego de Avila. La côte nord de l'île a été inondée sur des centaines de kilomètres. 

    Dimanche 10, Irma s'est renforcé dans la matinée au cours de son parcours entre Cuba et la Floride, repassant vers 6 h UTC en catégorie 4. Il a touché terre quelques heures plus tard, à 9h10 locales, sur l'île de Cudjoe Key, dans l'archipel des Keys, au sud de la Floride, avec des vents moyens maximum proches de l'oeil estimés à 210 km/h. On a mesuré des vents jusqu'à 193 km/h en pointe à la station voisine de Big Pine Key. Irma a ensuite touché terre une seconde fois vers 16 h locales sur l'île de Marco, non loin de la ville de Naples, où on a mesuré une rafale de vent à 228 km/h.

    En entrant définitivement dans les terres , il s'est nettement affaibli et a été rétrogradé ce lundi matin à 6h UTC en ouragan de catégorie 1, alors qu'il remonte progressivement vers le nord de l'état. Il devrait évoluer en dépression moins intense  demain sur le sud-est des Etats-Unis. 

    Irma est le premier ouragan a être resté 3 jours de suite en catégorie 5 sur le bassin Atlantique - Caraïbes depuis qu'on dispose d' observations satellitaires exhaustives sur la zone (1966).

     

    Animation du satellite GOES13 entre le samedi 9 septembre à 00h00 UTC et le lunedi 11 septembre 2017 à 06h00 UTC 
    Animation du satellite GOES13 entre le samedi 9 septembre à 00h00 UTC et le lunedi 11 septembre 2017 à 06h00 UTC - © Météo-France
    (Cliquer sur l'animation pour l'agrandir)

     

    L'ouragan José a frôlé le nord des petites Antilles 

    L'ouragan José est passé à 125 km au nord de Saint-Martin au plus proche des Antilles française samedi après-midi (heure locale), avant de s'éloigner en mer vers le nord-ouest dimanche, toujours en catégorie 4. Les îles du Nord ont par conséquent essentiellement essuyé quelques averses intenses en périphérie de l'ouragan, et des vagues qui ont atteint 4 m. Les rafales de vent sont vraisemblablement restées modérées, jusqu'à 80 km/h en pointe. 

    José est ce lundi matin un ouragan de catégorie 2 situé au large, situé à environ 400 km au nord-est des Bahamas. Il devrait rester actif mais se déplaçer peu durant les prochains jours, dans une zone située entre les Bermudes et les Bahamas, sans menacer aucune terre.

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