Enorme inondation à Vaison la Romaine le 22 Septembre 1992 il y à 25 ans

L'inondation de Vaison-la-Romaine en septembre 1992 est un phénomène de submersion, dû à de forts cumuls de pluie, qui s'est produit les lundi 21 et mardi  à Vaison-la-Romaine, dans le Vaucluse. Elle a causé 47 morts et 34 disparus, dans quatre communes.

 

Historique

 

Les inondations de Vaison-la-Romaine sont dues à un phénomène météorologique de grande envergure, sur la région sud-est de la France, touchant plusieurs départements : le , de fortes pluies se déversent sur les départements de l'Hérault, du Gard, de la Lozère et de l'Ardèche, notamment sur les montagnes cévenoles. La commune du Caylar reçoit 448 mmde précipitations en 24 heures, ce qui reste un record pour le département de l'Hérault1. Ces pluies font suite à une météorologie au-dessus des normes pour la région, la moyenne des températures ayant été supérieure aux températures normales, doublée d'une zone de basse pression dans le golfe de Gascogne2.

Le lendemain, les pluies continuent sur le Gard notamment en matinée où les régions de Sommières et Nîmes sont balayées par un bref et violent orage accompagné de violentes rafales de vent ainsi qu'une partie de l'Ardèche, puis le front pluvieux traverse le Rhône, pour toucher les départements du Vaucluse et de la Drôme1. Les averses du 22 septembre sont la résultante d'un front orageux de flux ouest/est bloqué sur le flanc ouest du mont Ventoux à partir de l'après midi 3. La commune d'Orange, au nord-ouest du département du Vaucluse, reçoit 51 mm de cumul de pluies, celle de Carpentras, au sud des Dentelles de Montmirail, 212 mm.

 

Chronologie des évènements

 

 

 

Le premier bulletin d'alerte de Météo-France, auprès du Ministère de l'intérieur, puis des autorités locales, date du . Le soir même, le préfet de Vaucluse relaye cet état d'alerte, pour la mise en place des services de sécurité et protection4.

Le , deux autres messages de Météo France à Marignane, en fin de nuit et début de matinée, confirment l'alerte, en annonçant des orages d'une rare violence. Malgré tout, la pluie, alors forte sur Vaison-la-Romaine en milieu de matinée, cesse vers midi. Les services de secours de la ville doivent faire face à plusieurs difficultés : les évènements se déroulent un mardi, jour de marché hebdomadaire, et d'affluence accrue ; les demandes d'évacuation faites auprès des clients et touristes (alors nombreux en cette fin de saison estivale) du camping municipal, situé en amont du pont romain, n'ont que peu d'effet4. La première averse, modérée (17,8 mm) est tombée entre 10 heures et midi. Elle fut suivie, en début d'après midi, d'une seconde beaucoup plus violente (182,7 mm) qui dura jusqu'à 15 h 153.

Les instituteurs de l'école Jules Ferry, alors située près du cours de l'Ouvèze, mettent en sécurité les élèves, au premier étage du bâtiment le plus éloigné de la rivière4. Le cumul de pluies, à Entrechaux, est de 300 mm (300 litres d'eau au mètre carré) en six heures (peut-être un peu plus localement...). À titre de comparaison, la moyenne annuelle de précipitations, à Paris, est de 637 mm. Durant cet évènement météorologique, près de 1 320 km2 ont reçu plus de 100 mm de précipitations5. L'orage, d’une violence inouïe, stagne sur les pentes du mont Ventoux pendant plusieurs heures. Il déverse 215 mm d'eau à Malaucène, 179 mm à Vaison, et 143 mm à Buis-les-Baronnies 6. Les fortes pluies en amont de Vaison-la-Romaine sont telles, qu'une coulée de boue, d'environ 50 cm, envahit et recouvre complètement le camping municipal vers 15h00. Une hauteur d'eau de 10 cm recouvre déjà les rues de la ville basse4.

Camping À Cœur Joie au nord de Vaison emporté le 22 septembre 1992

L'Ouvèze redevenue étale le 24 septembre 1992 à Vaison-la-Romaine

Les premières nouvelles arrivent, il y a des morts au camping du Moulin de César7. La partie réservée au camping associatif À cœur joie — 450 emplacements — a été emportée. On apprend qu'il y a de nombreuses victimes au lotissement du quartier Théos, situé sur la rive droite, qui a été submergé par les flots6.

Dans le même temps, un torrent de boue balaye le camping municipal, emportant tout sur son passage : caravanes, véhicules et campeurs. Dans les minutes qui suivent, au niveau du pont romain, dont le tablier se situe à moins d'une vingtaine de mètres de la normale de la rivière, l'eau atteint 17 mètres, soit 15 de plus que son cours normal4. Les images de caravanes s'écrasant contre le pont romain se gravent dans les mémoires8. La caserne des pompiers, située près du lit de l'Ouvèze, se trouve alors inondée, bâtiment, comme matériel de secours. Le Plan ORSEC est déclenché à 17 h 0. La décrue ne commença qu'après 22 heures4.

 

Une crue centennale

 

 

 

Inondation du 22 septembre 1992 à Sarrians

Plus tard, on apprit que le même phénomène s'était déjà produit, au moins une fois, à Vaison. Dans les archives municipales de la ville, est transcrite une délibération datée d’août 1616 indiquant que « le conseil de ville devait faire réparer le parapet du pont romain détruit par une inondation qui avait aussi emporté plusieurs maisons ». Il n'est fait état d'aucune victime. Au xviie siècle, les Vaisonnais vivaient dans la ville haute, et autour de la cathédrale, recouvrant les ruines de l'antique Vasio, il n’y avait que des jardins6.

Des études scientifiques ont été faites sur la crue centenale de 1992. Elles donnent les raisons de l'importance des dégâts. Dans le secteur du torrent de la Salette, affluent du Brégoux, lui-même affluent de l'Ouvèze, au cœur des Dentelles de Montmirail, il est tombé 200,5 millimètres de pluie en l'espace de cinq heures. Les chiffres sont connus grâce à la station des Bernardins, à Beaumes-de-Venise. Ce qui a représenté un volume de 4,2 millions de mètres cubes d'eau tombée dans le bassin versant de ce torrent qui a une superficie de seulement 28 km23.

L'Ouvèze est une rivière de 123 km, prenant sa source à Montauban-sur-l'Ouvèze, dans le département de la Drôme, et se jetant dans le Rhône, à Sorgues, après avoir arrosé 28 communes. De nombreux cours d'eau sont confluents de l'Ouvèze, notamment le Toulourenc, entre Mollans-sur-Ouvèze et Entrechaux9. Sur les 820 km2 du bassin versant de l'Ouvèze, 580 km2 se situe en amont de Vaison-la-Romaine

 

Le bilan

 

220px vaison la romaine

 

Cette tragédie du 22 septembre causa la mort de plus de 40 personnes qui furent emportés par l'Ouvèze ou ses affluents6. Le chiffre des victimes avancé le plus généralement fait état de 46 morts8, plus un à Beaumes-de-Venise, régulièrement oublié des statistiques3. Trente-huit personnes ont perdu la vie ce jour-là dans le Haut-Vaucluse, dont 34 à Vaison-la-Romaine10. Parmi elles, quinze habitants du lotissement Theos6 et onze résidents, au moins, du camping du Moulin de César7. Cette crue hors norme frappa de nombreux villages en aval de Vaison, causant aussi des morts : trois à Séguret10; un vieil agriculteur parti chercher sa vache à Gigondas, elle fut retrouvée vivante6 ; quatre campeurs emportés par les flots du Brégoux à Aubignan10; un piéton qui voulut traverser le pont emporté par la crue de la Salette à Beaumes-de-Venise3 ainsi que quatre disparus dont un bébé de six mois10. Neuf mois après, en 1993, un corps a été retrouvé sur la commune de Roaix par un pompier maître-chien de Vaison6.

Sans le courage d'un pompier qui sauva 36 personnes avec une barque d’emprunt, le bilan des décès aurait été beaucoup plus lourd. La décrue amorcée, le matin du 23 septembre, les tractopelles et les camions purent s'activer dans les rues pour évacuer les carcasses de véhicules recouvertes du limon de la rivière et tous les déchets qu'elle avait transportés. Pour éviter tout pillage le secteur inondé fut bouclé par l'armée, les militaires surveillant les entrées de la ville et des principaux villages touchés et patrouillant devant les maisons6.

Au cours des cinq premières années qui suivirent la catastrophe, l'enquête s'enlisa. Seul fut mis en cause, en 1995, le préfet de Vaucluse qui exerçait en 1965. Le juge clôtura son instruction au début de l'année 1998, après avoir ordonné de nouvelles investigations sur les études réalisées pour les permis de construire7. Celles-ci « ont clairement mis en cause le bétonnage systématique des zones à risques, en particulier des bassins naturels d'expansion des fleuves et rivières ». En dépit de ce constat, les professionnels de l'immobilier continuèrent à vouloir construire dans ces zones11. Certains rescapés à Vaison ont pu réaménager au clos d'Ariston, un terrain acheté et viabilisé par la commune. Peu d'entre eux ont quitté la ville, puisque les assurances les ayant bien remboursé, d'autres ont pu acheter de l'ancien7.

 

 

 
  • Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Commentaires

  • Natalia
    You кnow what Pasator Johansson told us on Sunday is that
    Gߋd actually likes wοrsһip. Daddy added.
  • www.linux.org
    In ⅽasе you are the kind of one that is less tһan thrilled witth the prospect oof ѡorking in the samе workpⅼace, day afteг Ԁay, eliminating this type of routine iss ѡithout dоubt օne of the
    most necessɑry highliցhts that you could receive from freelancing.
    While you гent your self out aѕ а freеlanceг, every job aѕsіgnment that you just take on might bbe a brand new adventure.
    Nօt solely will the work environment differ, but ɑdⅾitionally,
    you wilⅼl have the chance to fulfill many more fasϲinating
    people. Thiis issue alone is among thee mkst important
    thee reason why many paralegals desire freelancing over cօmmitting tһemselves to at
    least one specific workplaϲe.

Vous devez être connecté pour poster un commentaire