Actualité Météorologie, Astronomie

Demain 162

  • Le 24.06.2018:Aujourd'hui : quelques nuages

    Les conditions anticycloniques se maintiennent sur la France. Elles apportent un temps sec. Mais avec l'orientation du vent au Nord, les nuages sont un peu plus nombreux que lors de la journée de samedi.

    FRANCE

    Des côtes de la Manche à l'Auvergne Rhône-Alpes, le ciel est souvent voilé. En allant vers l'Atlantique, le soleil reste bien présent. Enfin près de la Méditerranée, des nuages orageux pourront encore provoquer une averse isolée sur la côte d'Azur en soirée.

     

    REGIONS

    Dans le nord-ouest, le ciel est par moment voilé des Pays-de-la-Loire aux côtes de la Manche.

    Dans le nord-est, le voile de nuages élevés est souvent dense et opaque, notamment vers les frontières belges et allemandes.

    En Île-de-France, malgré un voile nuageux assez épais, c'est bien l'impression de beau temps qui l'emporte.

    Sur le Centre-Est, les nuages sont denses par moment de la Bourgogne au Jura à l'Auvergne Rhône-Alpes mais le temps reste sec.

    Dans le sud-ouest, il fait beau toute la journée de l'Aquitaine à l'Occitanie.

    Enfin près de la Méditerranée, des nuages parfois menaçants parcourent la côte d'Azur avec un risque orageux en fin de journée.

     

    TEMPERATURES

    Le matin, elles sont fraîches des côtes de la Manche aux frontières de l'Est et souvent comprises entre 7 et 10°C. Il fait plus doux dans le sud-ouest avec 10 à 15°C jusqu'à 18°C sur les rivages de la Méditerranée. L'après-midi, les maximales s'échelonneront de 20°C sur le Nord Pas de Calais à 29°C dans le sud de l'Aquitaine jusqu'à 30°C en Roussillon.

  • Le 24.06.2018:Les moteurs futurs d'Ariane seront innovants et intelligents

    Alors que se prépare en Guyane le premier essai d'un des moteurs d'Ariane 6, ArianeGroup travaille aussi sur des moteurs destinés à réduire les coûts de production et ainsi améliorer la compétitivité d'Ariane 6 à l'horizon 2025. À côté du moteur réutilisable Prometheus, qui pourrait succéder au Vulcain d'Ariane 6, on découvre ETID. Ce programme de pré-développement, qui à proprement parler n'est pas un moteur, pose néanmoins les bases de ce que pourrait être le « smart engine » du futur. Thomas Fuhrmann, responsable du programme ETID chez ArianeGroup nous explique ce qu'est ETID.

    Ariane 6 n'a pas encore volé que déjà ArianeGroup et ses partenaires, dont le DLR allemand, prépare d'ores et déjà les évolutions du lanceur Ariane 6 de façon à améliorer sa compétitivité à travers le développement de nouveaux moteurs. On connaissait les études portant sur une famille de moteurs à bas coût LOX-Méthane, baptisée Prometheus.

    Aujourd'hui, on découvre le programme ETID (Expander-cycle Technology Integrated Demonstrator), un « programme de pré-développement utilisant des technologies destinées à réduire les coûts de production et ainsi améliorer la compétitivité d'Ariane 6 », nous explique Thomas Fuhrmann, responsable du programme ETID chez ArianeGroup. Ce programme s'inscrit dans le cadre du programme de préparation des lanceurs du futur (Future Launchers Preparatory Programme) de l'Agence spatiale européenne, dont l'objectif est d'augmenter la future compétitivité des lanceurs européens à horizon 2025. 2025 est une date potentielle à « laquelle nous souhaitons faire converger les nouvelles technologies sur lesquelles nous travaillons en ce moment ».

    À proprement parler, ETID n'est donc pas un nouveau moteur entré en développement, mais un démonstrateur taille réelle de chambre à combustion et de technologies innovantes susceptibles d'équiper un « moteur d'étage supérieur de nouvelle génération de 10 tonnes de poussée ». Il s'agit d'une classe de moteur typiquement utilisée sur des étages supérieurs de lanceurs du type Ariane 6. Ce programme est donc très différent de Prometheus qui, pour le coup, est un moteur réutilisable d'étage principal de nouvelle génération.

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    Premier essai du démonstrateur ETID. D’ici la fin de l’année, une vingtaine d’autres essais de mise à feu, d’une durée de 120 secondes chacun, sont prévus. © ArianeGroup, DLR

    Premier essai du démonstrateur ETID. D’ici la fin de l’année, une vingtaine d’autres essais de mise à feu, d’une durée de 120 secondes chacun, sont prévus. © ArianeGroup, DLR 

    Le 15 juin, ArianeGroup a effectué avec succès le premier essai de mise à feu de ce démonstrateur taille réelle ETID sur les installations du DLR, l'Agence spatiale allemande, à Lampoldshausen (Bade-Wurtemberg). ETID doit notamment éprouver des « matériaux, des technologies et des procédés de fabrication innovants pour une nouvelle chambre de combustion ». Différentes technologies et méthodes de fabrication ont été mises à l'épreuve lors de ce premier essai. On citera en exemple la « fabrication additive, l'usage de matériaux présentant le meilleur rapport coût/efficacité et l'allumage par laser par exemple ». À cela s'ajoute que les technologies éprouvées avec ETID ont aussi comme objectif la « capacité de réallumage et la réutilisation », cette dernière nécessitant des temps de « développement et de travail sur démonstrateur plus conséquents ».

    La chambre de combustion d'un futur moteur intelligent

    Pour comprendre pourquoi ArianeGroup se focalise sur la chambre de combustion, il faut savoir que cette chambre et son goulot d'étranglement, et la tuyère sont la partie la plus importante d'un moteur de lanceur. En effet, la chambre de combustion « convertit l'énergiechimique des propergols en tonnes de poussée, avec comme contrainte la gestion de températures de propergols allant de -240 °C du côté refroidissement à 3.300 °C du côté des gaz chauds ».

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    Le démonstrateur ETID sur le banc P 3.2 du site du DLR à Lampoldshausen, en Allemagne (Bade-Wurtemberg). @ DLR

    Le démonstrateur ETID sur le banc P 3.2 du site du DLR à Lampoldshausen, en Allemagne (Bade-Wurtemberg). @ DLR 

    L'injecteur du moteur et le liner de la chambre nécessitent donc une « extrême précision ». La chambre de combustion d'ETID est prévue pour un « ratio poussée/poids supérieur à celui de Vinci (ndlr : moteur de l'étage supérieur d'Ariane 6) », tout en garantissant un coût de production plus bas, pour « améliorer encore le futur lanceur européen». Elle renferme donc une technologie qui « comprend de nouvelles approches quant au design de la tête d'injection, de la chambre de combustion et de la tuyère ».

    Enfin, si dans son communiqué de presse ArianeGroup utilise les termes de « smart engine », ce n'est évidemment pas pour rien. Il faut aussi savoir que les différents composants ayant servi pour ce test posent aussi les « bases de ce que pourrait être ce smart engine du futur ». Dans le cadre d'ETID, et au-delà des technologies utilisées pour la chambre de combustion, ArianeGroup et le DLR «  testent des vannes contrôlées électriquement ». Il s'agit d'une brique technologique indispensable pour « concevoir des moteurs capables de réagir immédiatement aux anomalies en vol, en réajustant les valeurs grâce au calculateur ».

    CE QU'IL FAUT RETENIR

    • ArianeGroup, qui construit Ariane 5 et développe Ariane 6, prépare aussi des améliorations pour les lanceurs européens à l’horizon 2025.
    • Le programme ETID de pré-développement met en œuvre des technologies qui devraient réduire les coûts de production et ainsi améliorer la compétitivité d’Ariane 6.
    • ETID est un démonstrateur taille réelle de chambre de combustion de moteur d’étage supérieur à un horizon pas très lointain (2025).
    • C'est un précurseur de la prochaine génération de moteurs de fusées de 10 tonnes de poussée.

  • Le 24.06.2018:Mars, la Planète rouge bientôt à la portée de l'Homme

    Voilà plus d'un demi-siècle que les Hommes explorent Mars, petite sœur de la Terre au destin tragique. Cette longue saga de missions nous est racontée ici, montrant comment s'est précisé le visage de la Planète rouge. Aux fantasmes d'antan a succédé la déception du premier regard, en 1965. Le regain d'intérêt est revenu devant l'évidence d'une histoire mouvementée, comme on les aime. Secrets, énigmes et mystères nous attendent là-bas, maintenant que se précise l'idée d'une nouvelle aventure humaine sur ce monde si proche.

    Dans toute l'histoire spatiale, il n'y a à ce jour sans doute pas de plus grande déception que celle de ce 15 juillet 1965 quand arrivèrent sur Terre les premières images de la planète Mars prises par la sonde Mariner 4, qui venait de la survoler à moins de 10.000 kilomètres. Bien sûr, personne ne croyait plus aux canaux depuis des lustres et le fantasme des « petits hommes verts » faisait plutôt sourire. Mais tout de même, pour la première vision rapprochée d'une autre planète, attendue comme une révélation, l'espoir était de découvrir un monde, avec une atmosphère, des êtres vivants, des montagnes, des rivières et peut-être des mers. Las, les 21 photographies de la bande survolée ne montraient qu'un paysage désertique, mort, froid et plat. « On dirait la Lune » concluait-on alors. L'atmosphère, indiquaient les instruments, était ridiculement ténue. Il a fallu d'autres sondes pour comprendre que Mariner 4 avait survolé la région la plus plate de Mars.

    Mariner 9, en 1971, commença sa mission martienne, en orbite, par une grosse déconvenue : elle arriva alors que se levait une tempête de sable géante, comme la planète en connaît tous les dix ans. Pourtant, au-dessus des nuages, se montrait la blancheur de neiges éternelles d'un très haut sommet, d'abord baptisé Nix Olympica (les neiges de l'Olympe), déjà repérée depuis la Terre. En fait, ce n'était pas de la neige mais des nuages perpétuellement installés là-haut. Une fois la tempête dissipée, la brume laissa place à des reliefs inimaginables, à commencer par la gigantesque faille Valles Marineris (les vallées de Mariner), près de l'équateur. Et les nuages de l'Olympe apparurent comme le couronnement du plus grand volcan du Système solaire, appelé depuis Olympus Mons, s'élevant à plus 21 kilomètres au-dessus du niveau de référence martien. Juste un peu plus modestes, les trois volcans Tharsis contribuèrent à esquisser une géologiecomplexe et intéressante.

    Mars a connu une histoire mouvementée

    La suite des missions martiennes, jusqu'aux atterrisseurs et aux rovers (Sojourner, SpiritOpportunity et Curiosity), montra un passé riche d'évènements et tumultueux. Comme les traces d'écoulements découvertes par Mariner 9 le laissaient supposer, Mars, dans sa jeunesse, a connu un climat plus clément avec une atmosphère épaisse et de l'eau liquide. Les changements de son orbite et les variations de son inclinaison l'ont maintes fois brutalisée, changeant complètement l'environnement à sa surface, en faisant aujourd'hui un désert froid.

    Mais après toutes ces missions, américaines, européennes et russes, et pas mal d'échecs, les Hommes peuvent dire qu'ils savent aujourd'hui aller sur Mars. Des missions humaines sont envisageables car il reste beaucoup à découvrir sur ce vaste monde (la surface de la planète équivaut à celle des continents terrestres). Cette planète sans tectonique des plaques a conservé de nombreuses traces de ses jeunes années et donc des débuts du Système solaire, une histoire qui est aussi la nôtre. Autour du rover Curiosity, les lits de rivière, incontestables, ont vu l'eau couler il y a plusieurs milliards d'années...

    © Nasa, Shutterstock

  • Le 24.06.2018:Exposition : Gravité Zéro, l’aventure de l’espace réinventée par les artistes

     

    L’exposition "Gravité Zéro. Une exploration artistique de l’aventure spatiale" est à voir aux Abattoirs (musée-FRAC Occitanie) de Toulouse. Rencontre avec Gérard Azoulay, responsable de l’Observatoire de l’Espace du CNES.

    Journey to Mars, 2016, installation avec papier peint et video, durée : 5’10

    JOURNEY TO MARS, 2016, INSTALLATION AVEC PAPIER PEINT ET VIDEO, DURÉE : 5’10

    HALIL ALTINDERE, © COURTESY DE L’ARTISTE ET DE LA PILOT GALLERY, ISTANBUL

    "Gravité zéro", émerveillement maximum ! Visiter l'exposition consacrée à l'aventure spatiale au Musée des Abattoirs de Toulouse c'est plonger, par paliers historiques et décalages visuels excitants, dans un univers dont la richesse d'inspirations paraît inépuisable. Née de la collaboration entre le musée et l'Observatoire de l'Espace –le laboratoire culturel du CNES- la mise en scène rassemble à la fois des œuvres issues des collections de ce dernier et des réalisations historiques. Le surprenant "Rocket pneumatique" (1962) d'Yves Klein, un projet de fusée "à accélération par pulsations progressives à l'infini", et le "Moon Museum" (1969) de Forrest Myers, minuscule musée destiné à emmener sur la Lune des dessins de grands artistes de l'époque, racontent la fascination des débuts, et entrainent le spectateur en orbite. La portée universelle du rêve du voyage dans l'espace, l'interrogation sur les fondements et les conséquences de ce désir, sa dimension parfois comique, voire ses aspects politiques, émergent des photos, des vidéos, des visions en réalité virtuelle proposées aux visiteurs. Mais si l'influence de la science-fiction n'est pas bien loin, un grand nombre de créations repose néanmoins sur le terreau bien réel de la recherche scientifique, que l'Observatoire de l'Espace, en tant que commanditaire ou accompagnateur de projets, incite les artistes à prendre en compte, pour mieux la transcender. Comme le raconte son responsable, Gérard Azoulay.

    Loïc Pantaly, Projet SSCP (Serendipity Space & Capsule Project), octobre 2016, sculpture métallique et caisson lumineux .Collection Observatoire de l'Espace du Cnes, dépôt aux Abattoirs, 2017 © Adagp, Paris, 2018 ; photo : Sylvie Léonard

     

    Sciences et Avenir : Quel parcours a conduit l'Observatoire de l'Espace à la collaboration avec les Abattoirs de Toulouse sur l'exposition "Gravité Zéro" ?

     

    Gérard Azoulay : Au début des années 2000, j'ai enclenché au sein du CNES une réflexion autour de l'ouverture de l'univers du spatial à un public plus vaste que celui qui s'intéresse spontanément aux sciences exactes. L'espace et ses aventures produisent depuis les origines des histoires qui bousculent l'imaginaire, et il m'a semblé important de s'appuyer sur cette foisonnante matière pour amener du renouveau en faisant appel aux sciences humaines. C'est comme cela qu'est né l'Observatoire, un laboratoire culturel ancré dans la richesse documentaire, humaine et historique du CNES.

    Comment avez-vous concrètement démarré ?

    Je me suis demandé : qu'est-ce que l'espace ? Que produit cet univers ? On pense d'emblée aux données observationnelles, aux machines, que nous avons entrepris de recenser dans un monumental inventaire au long cours au sein de nos laboratoires. Les instruments, témoignages audio ou vidéo, archives dessinées ont fini par acquérir la forme d'un patrimoine culturel. Par la suite nous avons élargi l'enquête aux musées, là où sont conservés des objets qui s'inspirent de l'espace sans pour autant être catalogués ainsi -films, machines, ou jouets : par exemple, le Musée international des arts modestes (MIAM) d'Hervé Di Rosa à Sète abrite les figurines de Stars Wars, et au musée de la photographie Nicéphore Niépce à Chalon-sur-Saône est conservée la copie de la caméra Hasselblad qui est allée sur la Lune…Cela révèle bien l'influence de l'espace dans le champ de l'art.

    Vous avez alors établi une politique d'acquisitions ?

    Non, nous avons d'abord intégré énormément de connaissances, en essayant d'envisager le paysage patrimonial qui allait surgir, avant de nous tourner vers les œuvres d'art, historique ou contemporain, et de fixer des protocoles de travail. Nous avions l'ambition d'exposer, et nos premières initiatives furent montées  à l'adresse de nos personnels, lors de la Fête de la science et des Journées du Patrimoine : on empruntait aux laboratoires surtout des pièces techniques, industrielles, que l'on faisait rentrer en résonance dans une sorte de dialogue inédit.

    Quelle forme a pris votre intérêt pour l'art contemporain?

    Les prémices d'une collection d'œuvres contemporaines ont émergé en 2014 grâce à notre première participation à l'évènement Nuit Blanche. Mais cette implication est bien le résultat de l'ouverture à l'art inscrite dans les raisons d'être de l'Observatoire, et de ses deux programmes. Le premier, Histoire culturelle de l'espace, a pour but la constitution de ce patrimoine spatial que j'ai déjà évoqué. Le second, Création et imaginaire spatial, est orienté vers le monde artistique, et articulé à la fois dans un système de résidence hors-les-murs et dans des appels à projets.

    Comment ce programme de création est-il structuré?

    Les résidences sont attribuées suivant un angle éditorial qui privilégie les fictions documentaires, ancrées dans le réel. Les projets soumis à notre évaluation ne peuvent se contenter de reposer sur une transposition onirique de l'espace : pour nous la fiction n'est pas l'imaginaire total et débridé mais plutôt un agencement du réel qui forme le socle de l'invention artistique. Les artistes accueillis en résidence trouvent chez nous non pas un financement mais un accompagnement documentaire, les contacts avec les chercheurs, l'accès aux labos. Quant aux appels à projets, nous proposons un thème déjà très documenté à partir duquel les artistes créent. Tous modes d'expression confondus : la dramaturgie, les arts de la scène, la littérature et la musique, les arts visuels ou plastiques, la photographie ou même la performance !

     

    Bertrand Dezoteux, En attendant Mars, 2017,  maquettes en carton, marionnettes, matériaux divers, vidéo, durée 16', Collection Observatoire de l'Espace du Cnes, dépôt aux Abattoirs 2017 © droits réservés ; photo: Sylvie Leonard

    Ce qui nous ramène à votre collaboration avec les Abattoirs de Toulouse pour " Gravité zéro "…

    Le lien avec cette institution remonte déjà à quelques années, mais en novembre 2017 nous avons mis en place une convention qui scelle le dépôt de nos collections d'art dans le musée. Avec "Gravité Zéro", dont nous avons partagé le commissariat avec la directrice du musée Annabelle Ténèze, le projet de rendre nos œuvres accessibles au public se déploie pleinement. A côté de celles créées pour Nuit Blanche, qui nous appartiennent, nous exposons des réalisations qui ont vu le jour dans des contextes différents. Par exemple "Vision verticale", le film de marionnettes de Marvin Gaye Chetwynd qui met en scène des chercheurs du CNES dans leurs activités quotidiennes, a été créé dans le cadre du programme "Nouveaux Commanditaires" de la Fondation de France. "En attendant Mars", de Bertrand Dezoteux, est le produit d'une résidence : ce film, où à nouveau des marionnettes tiennent la vedette, raconte l'expérience Mars 500, une simulation menée par la Nasa afin d'étudier les effets psychiques et physiologiques du confinement lors d'un voyage vers Mars. Quant au très poétique "Télescope Intérieur", le projet d'Eduardo Kac, il a été conçu et construit au CNES en collaboration avec l'ESA. Et ça a marqué les esprits ! Il s'agit de la première performance artistique dans l'espace, mise en œuvre par Thomas Pesquet dans l'ISS et dont il faut absolument voir le film. Cette œuvre n'existe qu'en apesanteur, elle a été pensée et réalisée pour ce milieu : une forme découpée dans du papier dessine le mot "MOI", telle une évocation de l'Humanité, une invitation à méditer notre futur sur Terre et notre relation à l'univers. Vous voyez, le lien entre art et science, fondateur pour l'Observatoire, s'épanouit totalement dans le corpus exposé à Toulouse et embarque notre imaginaire.

     

    L'exposition " Gravité Zéro. Une exploration artistique de l'aventure spatiale " est à découvrir aux Abattoirs Musée-FRAC Occitanie de Toulouse jusqu'au 7 octobre 2018. Informations pratiques sur http://www.lesabattoirs.org/votre-visite/horaires-et-tarifs

  • Le 24.06.2018:En Floride, la montée des eaux va coûter des milliards aux propriétaires d'ici 30 ans

     

    Une organisation américaine alerte sur le coût à venir des inondations liées à la montée des eaux, selon elle sous-estimé. Trop de propriétés risquent des inondations chroniques alors même que les cartes des zones inondables n'ont pas été remises à jour depuis longtemps.

    Montée des eaux Floride

    Tempête en Floride, sur les îles de Key West

    CREATIVE COMMONS

    Sur les côtes de Floride, le marché immobilier est en pleine forme malgré les inondations à répétition. Des dizaines de milliers de maisons sont à risque, bien qu'elles ne soient pas officiellement classées en zones inondables, alerte un nouveau rapport publié le 18 juin 2018 par l'Union of Concerned Scientists (UCS), une organisation scientifique américaine. Rien qu'en Floride, 64.000 maisons, d'une valeur totale de 26 milliards de dollars, risquent des inondations chroniques dans les 30 prochaines années, la durée habituelle des emprunts immobiliers aux Etats-Unis.

    "Un risque à court terme, bien avant la montée des eaux"

    À seulement quelques blocs des plages, tout juste en dehors des zones inondables, les promoteurs s'activent encore à construire des maisons qui n'ont pas d'obligation légale de souscrire une assurance inondation, une économie à court terme qui présage un désastre économique à long terme, selon l'UCS. Dans l'ensemble des Etats-Unis, 311.000 maisons côtières, d'une valeur de 120 milliards de dollars, présentent un risque d'inondations chroniques d'ici 2045, indique le rapport.

    Ce risque d'inondations n'a rien à voir avec les ouragans et les tempêtes : le danger vient des marées hautes, de plus en plus hautes, quand l'eau se déverse dans les rues, sur les trottoirs, dans les magasins et les maisons - même par beau temps. "Ce risque existe à relativement court terme, bien avant que tout soit complètement inondé, et cela peut arriver sans tempête", explique Rachel Cleetus, économiste à l'UCS. Or le marché immobilier ne prend pas en compte ces risques, dit la chercheuse, qui avertit qu'une correction économique est 

    Une catastrophe au ralenti

    L'organisation a publié sur son site une carte interactive montrant les zones les plus à risque selon elle, sur la base d'un scénario de forte montée des eaux. Pour les propriétaires, dont la maison est souvent l'actif le plus important, il est nécessaire de prendre en compte le haut de la fourchette de risque, dit Rachel Cleetus. Des inondations chroniques sont définies comme se produisant au moins 26 fois par an.

    En Floride, le niveau des océans devrait monter de 55 centimètres d'ici 2045, et 1,95 m d'ici 2100, selon ce scénario - alors que l'altitude moyenne dans l'Etat est d'environ 1,80 m, et que beaucoup d'endroits sont en dessous de zéro. "C'est une catastrophe au ralenti", résume l'économiste. Miami, la baie de Tampa et les très touristiques îles des Keys sont les plus exposées en Floride. Des quartiers entiers pourraient être inondés de façon permanente, un coût astronomique pour les propriétaires mais aussi pour les municipalités, qui perdraient en population et en recettes fiscales.

    Les cartes fédérales des zones inondables n'ont pas été remises à jour depuis plusieurs décennies 

    Le problème est que les acheteurs de maisons ne prennent en compte que les cartes de l'Etat fédéral américain, qui n'ont souvent pas été remises à jour depuis des années ou des décennies. À Sarasota, nombre d'habitants disent ne pas avoir besoin d'assurance inondation car ils ne sont pas dans les zones inondables officielles. Une décision absurde, s'évertuait à expliquer récemment Desiree Companion, experte en inondations du comté de Sarasota, lors d'une réunion publique. Elle a raconté aux sept participants que les cartes fédérales sont fondées sur un risque de précipitations de 25 centimètres en 24 heures, un événement météorologique censé arriver une fois par siècle. L'an dernier, l'ouragan Harvey a déversé 129 cm en 24 heures sur le Texas. "Tout le monde est en zone inondable", lance-t-elle.

    Ce n'est pas seulement la faute du gouvernement fédéral, nuance Jeffrey Huber, professeur à l'école d'architecture de la Florida Atlantic University. "Les agents immobiliers ne sont nulle part obligés de dire aux acheteurs que leur maison est vulnérable face à la montée du niveau des océans", dit-il à l'AFP, blâmant également les municipalités. "Les gens ne sont pas assez informés", regrette-t-il.

    La solution : limiter le réchauffement climatique

    Une solution existe : limiter les émissions de gaz à effet de serre, et donc le réchauffement de la planète et la fonte des glaces, ce qui est l'objectif de l'accord de Paris sur le climat. Selon Astrid Caldas, de l'UCS, 85% des propriétés à risque pourraient être sauvées si l'objectif de l'accord de Paris de limiter à 2 degrés le réchauffement de la planète était atteint. Mais le président américain Donald Trump a sorti les Etats-Unis de l'accord l'an dernier.

  • Le 23.06.2018:Demain : quelques nuages

    Les conditions anticycloniques se maintiennent sur la France. Elles apportent un temps sec. Mais avec l'orientation du vent au Nord, les nuages sont un peu plus nombreux que lors de la journée de samedi.

    FRANCE

    Des côtes de la Manche à l'Auvergne Rhône-Alpes, le ciel est souvent voilé. En allant vers l'Atlantique, le soleil reste bien présent. Enfin près de la Méditerranée, des nuages orageux pourront encore provoquer une averse isolée sur la côte d'Azur en soirée.

     

    REGIONS

    Dans le nord-ouest, le ciel est par moment voilé des Pays-de-la-Loire aux côtes de la Manche.

    Dans le nord-est, le voile de nuages élevés est souvent dense et opaque, notamment vers les frontières belges et allemandes.

    En Île-de-France, malgré un voile nuageux assez épais, c'est bien l'impression de beau temps qui l'emporte.

    Sur le Centre-Est, les nuages sont denses par moment de la Bourgogne au Jura à l'Auvergne Rhône-Alpes mais le temps reste sec.

    Dans le sud-ouest, il fait beau toute la journée de l'Aquitaine à l'Occitanie.

    Enfin près de la Méditerranée, des nuages parfois menaçants parcourent la côte d'Azur avec un risque orageux en fin de journée.

     

    TEMPERATURES

    Le matin, elles sont fraîches des côtes de la Manche aux frontières de l'Est et souvent comprises entre 7 et 10°C. Il fait plus doux dans le sud-ouest avec 10 à 15°C jusqu'à 18°C sur les rivages de la Méditerranée. L'après-midi, les maximales s'échelonneront de 20°C sur le Nord Pas de Calais à 29°C dans le sud de l'Aquitaine jusqu'à 30°C en Roussillon.

    Pourquoi fait-il si frais le matin sur les régions du nord ? Retrouvez ici nos explications.

  • Le 23.06.2018:Un astéroïde a explosé dans le ciel d’Afrique

    Samedi 2 juin, il était 16 h 44 en temps universel (18 h 44, heure de Paris) quand tout à coup une boule de feu étincelante a illuminé le ciel d'Afrique australe, stupéfiant les observateurs qui ont été témoins du phénomène (la vidéo ci-dessous parle d'elle-même). L'objet qui venait d'exploser dans l'atmosphère au-dessus du Botswana, était 2018 LA, un petit astéroïde que des astronomes avaient débusqué quelques heures plus tôt... au cœur de la nuit de l'Arizona via le Catalina Sky Survey.

    Très vite les astronomes se sont aperçus que 2018 LA fonçait tout droit vers la Terre, à une vitesse de 17 km/s (environ 61.000 km/h). Heureusement, rien d'inquiétant. Les premières observations ont en effet suggéré qu'il ne devait pas mesurer plus de deux mètres de long. Ouf ! Rien de méchant. La Nasa n'a donc pas jugé nécessaire de lancer une alerte d’impact. La suite, vous la connaissez.

    Collision prévue de l’astéroïde avec la Terre

    Au moment de sa découverte, l'astéroïde était vraisemblablement aussi éloigné que la Lune. Informés aussitôt de son existence, les chercheurs du Minor Planet Center, puis du Cneos, le Centre d'études des géocroiseurs du JPL (Jet Propulsion Laboratory), ont confirmé qu'il était sur une trajectoire de collision avec la Terre. Les calculs ont ensuite permis de resserrer son point d'entrée dans l'atmosphère terrestre. 2018 LA allait sans doute finir sa course au-dessus de l'Afrique australe...

    Une caméra de surveillance d’une ferme en Afrique du Sud a capturé l’évènement. ©  barend swanepoel, Youtube

    Et l'évènement survenu dans le ciel du Botswana corrobore leurs prédictions. En outre, les infrasons enregistrés par des stations d'écoute, déployées dans le cadre du Système de surveillance international du traité d'interdiction complète des essais nucléaires, vont dans ce sens. « Les données [du signal] étaient de l'ordre de 0,3 à 0,5 kilotonne de TNT, a déclaré Peter Brown (university of Western Ontario) qui les a analysés. Cela correspond à un astéroïde de deux mètres de diamètre ». D'où venait 2018 LA ? Retrouver des fragments aidera à le savoir. La chasse est ouverte !

    Troisième astéroïde découvert avant d’atteindre la Terre

    La découverte de 2018 LA, quelques heures seulement avant sa désintégration dans l'atmosphère, est plutôt vue comme une bonne nouvelle car cela montre que les réseaux de chasseurs d'astéroïdes sont capables d'attraper dans leurs filets des corps célestes aussi petits que celui-là (pas vraiment un « astéroïde potentiellement dangereux »). De quoi être rassuré au cas où un plus gros rocher foncerait vers nous.

    2018 LA est le troisième astéroïde découvert sur une trajectoire d’impact. Les précédents étaient 2008 TC3, au-dessus du Soudan en... 2008, et 2014 AA, au-dessus de l'Atlantique, le premier jour de 2014.

     

  • Le 23.06.2018:Coup de chaud après Apollo

    Durant les années 70, les instruments déposés sur la Lune par les missions Apollo ont mesuré une hausse de la température du sol lunaire. Comment expliquer ce qui pourrait être un « réchauffement climatique lunaire » ? Près de 40 ans plus tard, les chercheurs ont enfin la réponse à cette question.

    Olivier Boulanger, le 22/06/2018

    L’astronaute Dave Scott lors de la mission Apollo 15 en 1971© NASA

    Lors des missions Apollo 15 (en 1971) et Apollo 17 (en 1972), les astronautes ont installé des instruments scientifiques qui ont pu mesurer durant plus de 5 ans l’évolution de la température du sol lunaire. Très curieusement, les instruments ont noté durant cette période une augmentation de température comprise entre 1,6 et 3,5 °C. Comme la Terre, La Lune connaîtrait-elle un réchauffement climatique ?

    Durant plusieurs décennies, cette question est restée sans réponse, car, comme une grande partie des données recueillies lors des missions Apollo – ces enregistrements ont été égarés suite à des erreurs d’archivage. Il aura fallu attendre près de 40 ans pour que des chercheurs américains de la Texas Tech University remettent la main sur les bandes magnétiques contenant les données, et pour qu’une explication puisse enfin être proposée.

    L’expérience HFE (Heat Flow Experiment) mesure les variations thermiques du sous-sol pour déterminer à quel rythme la chaleur interne de la Lune s’évacue vers l’extérieur. L’instrument comporte un boîtier électronique et 2 sondes enfoncées jusqu’à 2,5 m de profondeur.© NASA

    Selon les scientifiques, la Lune n’a pas connu de réchauffement climatique, et ce sont les astronautes eux-mêmes qui sont à l’origine de cette augmentation de température. En foulant le sol lunaire, les astronautes ont en effet soulevé une fine couche de poussière, laissant derrière eux des traces beaucoup plus sombres, ce que confirment les images prises encore récemment par la sonde Lunar Reconnaissance Orbiter. Un sol plus sombre absorbe plus de lumière du soleil, ce qui le rend plus chaud. La modélisation montre ainsi que la perturbation locale de température est à même de se propager jusqu’à 1 mètre de profondeur.

    Le site d’Apollo 17 observé par la sonde Lunar Reconnaissance Orbiter. Les traces laissées par les astronautes sont parfaitement visibles.© NASA

    Si la Lune n’a pas connu de réchauffement climatique au cours des années 70, ces nouveaux résultats montrent en tout cas qu’il est quasi impossible de déployer des astronautes ou des instruments sur la Lune sans perturber son environnement de surface. Une leçon qui pourrait être utile lors des futures missions lunaires.

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