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Actualité Météorologie, Astronomie

Demain 162

  • LE 11.07.2020: Actualité de l'astronomie / Les naines blanches, sources clés du carbone dans l’univers.

    Les naines blanches, sources clés du carbone dans l’univers

     

    Nathalie Mayer

    Journaliste

     

     

    Lorsqu'elles rendent leur dernier souffle, les étoiles dispersent des cendres dans l'univers, donnant naissance à de splendides nébuleuses. Des cendres riches en éléments chimiques, parmi lesquels, du carbone. Des chercheurs viennent enfin d'identifier la principale source de cet élément indispensable à la vie : les naines blanches produites par des étoiles d'au moins 1,5 fois la masse de notre Soleil.  

    Le carbone est un élément indispensable à la vie. Il est né au cœur des étoiles, de la fusion de trois noyaux d'hélium. Mais les astrophysiciens se demandent encore quel type d'étoiles en est la principale source. Les résultats de chercheurs de l’université de Californie à Santa Cruz (États-Unis) pourraient bien aider à clore le débat. Selon eux, les naines blanches jouent un rôle essentiel en la matière.

    Rappelons que près de 90 % des étoiles finissent leur vie sous la forme de naines blanches. Celles-ci prennent des milliards d'années pour se refroidir et s'assombrir. Mais, avant de s'effondrer, elles répandent leurs cendres dans l'univers. Des cendres, pour certaines d'entre elles au moins, riches en carbone.

     

    Le saviez-vous ?

    Une naine blanche, c’est une étoile en fin de vie extrêmement dense. Un centimètre cube de sa matière pèse… une tonne ! Ce qui reste d’une étoile plutôt modeste après qu’elle a épuisé son carbone nucléaire et éjecté ses couches supérieures sous forme de nébuleuse planétaire.

    C'est en observant une anomalie de masse que les chercheurs sont arrivés à cette conclusion. Les naines blanches observées dans d'anciens amas d’étoiles ouverts de notre Voie lactée apparaissent en effet plus massives que la théorie d'évolution stellaire ne le prévoit. Plutôt de l'ordre de 0,7 à 0,75 masse solaire que de 0,6 à 0,65. La signature, selon les astronomes, d'une synthèse de carbone pour les naines blanches d'un certain type.

    L’amas ouvert d’étoiles connu sous le nom de Rose de Caroline — ou NGC 7789 — se trouve à environ 8.000 années-lumière de la Terre, dans la constellation de Cassiopée. Des chercheurs de l’université de Californie à Santa Cruz (États-Unis) y ont trouvé des étoiles naines blanches inhabituellement massives qui ont probablement joué un rôle essentiel dans la dispersion de carbone dans l’univers. © Guillaume Seigneuret, Nasa

    L’amas ouvert d’étoiles connu sous le nom de Rose de Caroline — ou NGC 7789 — se trouve à environ 8.000 années-lumière de la Terre, dans la constellation de Cassiopée. Des chercheurs de l’université de Californie à Santa Cruz (États-Unis) y ont trouvé des étoiles naines blanches inhabituellement massives qui ont probablement joué un rôle essentiel dans la dispersion de carbone dans l’univers. © Guillaume Seigneuret, Nasa 

     

    Des étoiles de plus de 1,5 fois la masse du Soleil

    Ainsi, lorsqu'elles sont au moins 1,5 fois plus massives que le Soleil, les étoiles produisent en leur cœur, dans les dernières phases de leur vie, des atomes de carbone. Puis, elles les transportent jusqu'à leur surface. Ces atomes de carbone sont finalement propagés dans le milieu interstellaire par de doux vents stellaires. Les modèles construits par les astronomes indiquent que le phénomène se produit assez lentement pour permettre aux noyaux centraux de ces étoiles, les futures naines blanches, de croître sensiblement en masse.

    De quoi expliquer l'anomalie observée par les chercheurs de l'université de Californie. Contrairement à ce que les astronomes pensaient, la relation entre la masse initiale et la masse finale d'une étoile devenue naine blanche n'est pas linéaire. Et cela pourrait avoir des implications plus importantes encore.

    « Ces travaux ont aussi un impact sur l'âge des naines blanches connues. Or celles-ci se posent comme des sondes cosmiques essentielles pour comprendre l'histoire de la formation de la Voie lactée. La relation entre masse initiale et masse finale est également ce qui définit la limite de masse inférieure pour les supernovae, ces explosions gigantesques vues à de grandes distances et qui sont vraiment importantes pour comprendre la nature de l'univers », indique Pier-Emmanuel Tremblay, chercheur à l'université de Warwick, dans un communiqué de l’université de Californie.

    Enfin, les astronomes imaginent que la majeure partie de la lumière qui nous arrive de galaxies très lointaines vient d'étoiles brillantes, riches en carbone, similaires à celles étudiées par les chercheurs de l'université de Californie. Et une interprétation fiable de cette lumière dépend bien sûr de la compréhension qu'ils ont de la synthèse du carbone dans les étoiles.

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    Source: https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/etoile-naines-blanches-sources-cles-carbone-univers-81872/?fbclid=IwAR3hZU7i-iYWdA3R7ooLgcZt6tNXMmabq5VuKDxrfg3vNkYUPdW5PezONZ4#utm_content=futura&utm_medium=social&utm_source=facebook.com&utm_campaign=futura

  • LE 11.07.2020: Actualité de l'astronomie / Perseverance : la fenêtre de lancement vers Mars se fermera le 15 août.

    Perseverance : la fenêtre de lancement vers Mars se fermera le 15 août

     

    Nathalie Mayer

    Journaliste

     

     [EN VIDÉO] Pourquoi les lancements vers Mars ne peuvent se faire que tous les 26 mois ?  Lancer un engin vers Mars, ce n’est pas facile. Il ne suffit pas d’attendre que notre Terre soit au plus près de la planète rouge... explications en vidéo ! 

     

     

    Cela fait maintenant des mois qu'il en est question. Le rover Perseverance devrait enfin décoller de notre Terre -- du Centre spatial Kennedy, en Floride (États-Unis) -- le jeudi 30 juillet 2020. Objectif : Mars, la Planète rouge. Avec une arrivée prévue le 18 février 2021 à environ 22 heures, heure de Paris.

     

    La première opportunité de lancement s'ouvrira à 13 heures 50, heure de Paris. Elle restera ouverte pour environ deux heures, avec un compte à rebours qui pourra être déclenché toutes les cinq minutes. Une précision nécessaire car lancer un engin vers Mars ne va pas de soi. Les ingénieurs doivent au préalable calculer la bonne vitesse, la bonne direction et le bon moment, faisant intervenir de nombreux paramètres.

    Les fenêtres de lancement possibles pour le rover Persevance à compter du 30 juillet 2020 (Launch Date). Pour obtenir l’heure de Paris, il faut ajouter deux heures au Coordinated Universal Time (UTC). © Nasa

    Les fenêtres de lancement possibles pour le rover Persevance à compter du 30 juillet 2020 (Launch Date). Pour obtenir l’heure de Paris, il faut ajouter deux heures au Coordinated Universal Time (UTC). © Nasa 

    Pour un lancement vers Mars, en l'occurrence la fenêtre de lancement s'ouvre et se ferme tous les 26 mois environ (voir la vidéo ci-dessus). Ainsi, celle ouverte pour le lancement de Peseverance se refermera le samedi 15 août. Espérons que, d'ici là, les ingénieurs de la Nasa auront été prêts à envoyer leur rover vers la Planète rouge. Sinon, il faudra patienter jusqu'en... 2022 !

    Le lancement du rover Perseverance est prévu pour le jeudi 30 juillet 2020. Mais la fenêtre de lancement restera ouverte jusqu’au 15 août. © Nasa

    Le lancement du rover Perseverance est prévu pour le jeudi 30 juillet 2020. Mais la fenêtre de lancement restera ouverte jusqu’au 15 août. © Nasa 

    Source: https://www.futura-sciences.com/sciences/breves/exploration-martienne-perseverance-fenetre-lancement-vers-mars-fermera-15-aout-2875/?fbclid=IwAR2klAJIeXh4xBjqSEJ6C76gnKRU9hIszFLajRtiQv46DRdaJAB_x0lZt-M#utm_content=futura&utm_medium=social&utm_source=facebook.com&utm_campaign=futura

  • LE 11.07.2020: Actualité de l'astronomie / La substance étrange trouvée sur la face cachée de la Lune enfin identifiée.

    La substance étrange trouvée sur la face cachée de la Lune enfin identifiée

     

     

    Nathalie Mayer

    Journaliste

     

    Il y a environ un an, l'Agence spatiale chinoise (CNSA) signalait la découverte sur la face cachée de la Lune par le rover Yutu-2, d'une substance étrange, ressemblant à « un gel brillant ». De quoi enflammer les imaginations.

    Futura - Explorer le monde

    @futurasciences

     La promenade lunaire quotidienne du rover Yutu2 !! #Space #Moon #Chine ©CNSA / CLEP

    0:56          1 k vues

    7:30 PM · 1 avr. 2019

    23       Voir les autres Tweets de Futura - Explorer le monde

    Depuis, les chercheurs chinois ont analysé les données recueillies par le rover. Et l'enthousiasme est retombé. Il ne s'agit finalement ni plus ni moins que... de roche. De la roche qui a probablement fondu sous la chaleur d'un impact de météorite, prenant un aspect verdâtre et scintillant sur une surface d'environ 52 centimètres sur 16.

    Au centre de cette image, on devine la substance étrange en question. © CNSA, CLEP

    Au centre de cette image, on devine la substance étrange en question. © CNSA, CLEP 

    La substance apparaît finalement très similaire à deux échantillons récupérés par les missions Apollo 15 et 17. Ces deux échantillons ont été classés dans la catégorie des brèches, des matériaux composées de roches cimentées par des matériaux plus fins. En l'occurrence, du régolithe lunaire cimenté par un verre noir.

    Photo de profil, ouvre la page de profil sur Twitter dans un nouvel onglet

    Andrew Rader

    @marsrader

    First image of the far side of the Moon, taken by Luna 3 in 1959.

    Image

    1:49 AM · 6 juil. 2020

    1,6 k - 285 personnes tweetent à ce sujet.

    Les chercheurs chinois notent tout de même que la brèche découverte par Yutu-2 s'est probablement formée plus loin, avant d'être éjectée dans le cratère où elle a été trouvée. Car la météorite qui a donné naissance à ce cratère - une météorite de pas plus de deux centimètres de diamètre - ne semble pas assez grosse pour générer une chaleur suffisante à la formation de cette brèche.

    C’est au fond de ce cratère lunaire que Yutu-2 a détecté une substance étrange, faisant penser à un gel brillant. © China National Space Administration (CNSA)

    C’est au fond de ce cratère lunaire que Yutu-2 a détecté une substance étrange, faisant penser à un gel brillant. © China National Space Administration (CNSA) 

     

    POUR EN SAVOIR PLUS

    Article de Nathalie Mayer paru le 02/09/2019

    Au cours de ses déambulations sur la face cachée de la Lune, le rover chinois Yutu-2 de la mission Chang'e 4 a fait une étrange découverte. Au fond d'un petit cratère d'impact récent, il a attiré l'attention sur une substance décrite par l'Agence spatiale chinoise (CNSA) comme ressemblant à « un gel brillant ». Une découverte pour laquelle les responsables n'ont pas hésité à bouleverser le calendrier de la mission.

    Selon eux, le matériau photographié par Yutu-2 se distingue du régolithe qui recouvre le sol de notre satellite naturel autant par sa forme que par sa couleur et sa texture. Une analyse spectrométrique -- dans le visible et dans le proche infrarouge -- visant à en déterminer la composition chimique a été menée. Mais les résultats n'ont pas encore été publiés. Certains ont émis l'hypothèse un peu farfelue qu'il aurait pu s'agir des tardigrades perdus par la sonde israélienne Bereshit. D'autres avancent beaucoup plus sérieusement qu'il pourrait s'agir tout simplement de verre en fusion créé par l'impact de météorites. Affaire à suivre...

    Source: https://www.futura-sciences.com/sciences/breves/lune-substance-etrange-trouvee-face-cachee-lune-enfin-identifiee-1107/?fbclid=IwAR2jACwWMZ0OEq8J3QNUCgBCQ5ubqzLg9a9GUXsL2dTAouFTShe7vWYGCSo#utm_content=futura&utm_medium=social&utm_source=facebook.com&utm_campaign=futura

  • LE 10.07.2020: Actualité de l'astronomie / Exploration : trois vols d’astronautes de l’ESA entre 2025 et 2030 à bord du Gateway.

    Exploration : trois vols d’astronautes de l’ESA entre 2025 et 2030 à bord du Gateway

     

     

    Rémy Decourt

    Journaliste

     

    Vols habités, Gateway, Station spatiale internationale, retour sur la Lune, mission martienne, astronautes, coopération avec la Chine : Didier Schmitt, expert des questions liées à l'exploration humaine et robotique à l'ESA, répond à nos questions.

    Quelque 51 ans après les premiers pas de l’Homme sur la Lune, les États-Unis s'apprêtent à y retourner pour y rester. Pour cela, ils développent, avec leurs partenaires internationaux dans l'ISS, le véhicule Orion dont le module de service est fourni par l'ESA et le Gateway. Cette coopération avec l'ESA, le Canada et le Japon doit permettre pour la première fois de l'histoire à des non-Américains de marcher sur la Lune et aux astronautes de ces pays de séjourner à bord du Gateway.

    Ce retour est prévu en 2024 avec un équipage de deux astronautes américains qui devrait atterrir sur la Lune lors de la mission Artemis 3. Ce n'est qu'après cette phase de retour sur la Lune terminée, et pour laquelle les États-Unis souhaitent ne dépendre de personne -- à l'exception du module de service européen d'Orion -- que des astronautes non-américains pourront marcher sur la Lune vers la fin de la décennie 2020. Au sein des agences spatiales, les tractations ont déjà débuté avec la Nasa pour négocier des places à bord du Gateway et effectuer des missions habitées sur la Lune.

    Didier Schmitt est coordonnateur de la proposition pour le Conseil des ministres de l'ESA pour l'exploration robotique et humaine. À ce titre, il est en charge d'écrire le programme d'exploration de l'ESA qui sera présenté lors de la prochaine conférence ministérielle en 2022. Futura a souhaité en savoir plus et lui donne la parole :

    Les partenariats pour Orion et le Gateway sont-ils suffisants et satisfaisants pour l'ESA ?

    Didier Schmitt : Ces partenariats sont très satisfaisants. Nous avons négocié avec succès un mémorandum d'accord pour les modules Ihab (Module d'habitation international sous maîtrise d'œuvre de Thales Alenia Space, en Italie) et Esprit (un nombre d'éléments dont des télécommunications et un système de refueling avec maîtrise d'œuvre Thales Alenia Space, en France), que doit réaliser l'ESA pour le Gateway. Ils seront livrés à la Nasa entre 2023 et 2027. Cet accord comprend aussi la fourniture de deux modules de service européen de la capsule américaine Orion, modules que nous avons commencé à fabriquer dans le cadre de la coopération dans la Station spatiale internationale (ISS). Il nous permet d'avoir en retour des vols d'astronautes européens à bord du Gateway et une participation garantie à l'utilisation du Gateway à des fins de recherche scientifique, de développement technologique et de démonstration et comme base-relais pour de futures missions d'exploration.

    L'ESA négocie-t-elle avec la Nasa la place d'un astronaute à bord d'une mission Artemis à destination du Gateway, voire un séjour sur la Lune ?

    Didier Schmitt : Nous avons négocié trois vols d'astronautes de l'ESA entre 2025 et 2030 à bord du Gateway. Pour la surface lunaire, ce sera plus compliqué. Approuvé par les États membres de l'ESA lors de sa réunion du Conseil les 23 et 24 juin, l'accord ne couvre pas le programme Artemis de retour sur la Lune de la Nasa dont les premières missions habitées se passeront en principe du Gateway pour atterrir. Mais, bien entendu, un Européen sur la Lune avant la fin de la décennie reste quand même un objectif.

    Les Américains visent 2024 et la mission Artemis 2024 pour retourner sur la Lune. Au-delà de cette mission, la Nasa pourrait permettre à des astronautes non-américains de séjourner sur la Lune. © Nasa

    Les Américains visent 2024 et la mission Artemis 2024 pour retourner sur la Lune. Au-delà de cette mission, la Nasa pourrait permettre à des astronautes non-américains de séjourner sur la Lune. © Nasa 

    VOIR AUSSIC'est officiel : Thomas Pesquet retournera dans l'espace

    Les séjours à bord du Gateway seront-ils moins nombreux et plus courts que ceux de l'ISS ?

    Didier Schmitt : Oui. À la différence de la Station spatiale internationale, le Gateway ne sera pas occupé en permanence. La Nasa envisage des séjours réguliers de quatre astronautes, et dont la durée serait comprise entre 15 jours et jusqu'à un maximum de 90 jours. Dans ce scénario, un accès est possible tous les ans, mais pas forcément à un astronaute européen.

    Le choix des astronautes étrangers sera-t-il « compliqué » ?

    Didier Schmitt : Effectivement. Le planning des rotations des équipages sera difficile à négocier. Il faut garder à l'esprit que les autres partenaires de la Nasa, le Japon et le Canada, souhaitent aussi envoyer des astronautes à bord du Gateway. Certes, leur niveau de participation est tout de même inférieur à celui de l'ESA qui, par ses contributions, sera le partenaire principal de la NASA ; le Japon prévoit de fournir essentiellement de la logistique (ravitaillement) ainsi que des fonctions liées à l'habitation et le Canada, le système externe robotisé intelligent Canadarm3.

    Peut-on envisager qu'un astronaute européen soit à bord de la première mission à destination du Gateway ?

    Didier Schmitt : Ce n'est pas impossible. Cette première mission serait alors composée de 3 astronautes de la Nasa et d'un Européen. Elle aurait pour tâche de mettre en service le module Ihab. Cela fut le cas par exemple quand le module Columbus a été arrimé à l'ISS : un astronaute de l'ESA faisait partie de l'équipage de la Navette pour l'y installer.

    On n'a pas encore remarché sur la Lune que l'on parle déjà de Mars. L'ESA est-elle en discussion avec ses partenaires internationaux au sujet d'une mission habitée à destination de Mars ?

    Didier Schmitt : L'ESA s'y prépare. Nous venons de signer un mémorandum d'accord sur les contributions respectives de l'ESA et de la Nasa pour la réalisation de la mission de retour d’échantillons martiens. Nous allons fournir l'orbiteur de retour, le rover de collecte et un bras articulé pour placer les échantillons dans le cône de la fusée qui va amener le conteneur d'échantillons en orbite martienne. Ce n'est pas rien !

    Après la Lune, la Nasa et la Chine ont fait de Mars un objectif que les Américains voudraient officiellement atteindre à l'horizon 2035. Pour des raisons de coût, cette première mission habitée martienne sera aussi internationale. Nous voulons être du voyage et pour cela, nous devons nous y préparer. Nous devons être compétents dans des domaines qui seront essentiels à cette mission internationale. Sans quoi, nous ne serons pas du voyage. En parallèle, la poursuite de participations en coopération à des missions scientifiques et technologiques robotiques, notamment avec missions cargo ou de retour d'échantillons lunaires puis martiens, permet de préparer ces futures missions habitées.

    Avez-vous identifié les atouts qui convaincront la Nasa et vos partenaires internationaux ?

    Didier Schmitt : Oui et non. On ne va pas se focaliser sur un point plutôt qu'un autre actuellement mais nous réalisons des études constamment afin d'affiner notre stratégie. Que ce soit avec l'ISS ou le Gateway, l'objectif est de démontrer notre savoir-faire et notre utilité quant à l'utilisation de ces deux infrastructures spatiales. Pour Mars, c'est très diffèrent, il faudra des « habitats intelligents » car pas question de revenir si quelque chose n'allait pas. Je vous rappelle que la Lune est mille fois plus éloignée de la Terre que ne l'est la Station spatiale internationale, et Mars, au plus loin en conjonction, est mille fois plus loin que la Lune.

    La désorbitaiton annoncée de l'ISS, à l'horizon 2025, restreint-elle son utilisation pour préparer les futurs vols de longues durées à destination de Mars  ?

    Didier Schmitt : Détrompez-vous. Quand on sera en 2025, l'objectif sera plus lointain. Mais il est vrai qu'avant même 2030, la Nasa mettra beaucoup moins de budget dans la Station spatiale internationale car elle devra financer ses programmes d'exploration lunaires et martiens. La Nasa devrait se désengager progressivement de la Station en renforçant sa commercialisation. Mais, que ce soit pour l'ESA ou les autres agences spatiales, nous aurons toujours besoin d'un complexe orbital pour préparer les vols futurs vers Mars, notamment pour les aspects santé et support vie. Le Gateway ne sera pas suffisant pour préparer des astronautes à un vol de longue durée à destination de Mars. N'oubliez pas que, pour Mars, il est question de devoir rester dans l'espace en autonomie totale pour une période proche de 3 ans sans possibilité d'interruption du voyage.

    L'entraînement d'astronautes européens avec leurs homologues chinois peut-il laisser penser qu'un Européen pourrait voler à bord d'une capsule Shenzhou NG ?

    Didier Schmitt : Cela a toujours été l'idée car plusieurs de nos astronautes ont déjà appris et continuent d'apprendre le chinois. Mais, en l'état actuel des choses, il y a encore des difficultés. Le défi reste de trouver la bonne entente pour arriver à une compensation.

    Source: https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/exploration-exploration-trois-vols-astronautes-esa-2025-2030-bord-gateway-81828/?fbclid=IwAR3XtRCGErT9rg_SJLe3SIiQ0uB3hq-54Q-shGTmBfpFvqDN3237uclo1Fs#utm_content=futura&utm_medium=social&utm_source=facebook.com&utm_campaign=futura

  • LE 10.07.2020: Actualité de l'astronomie / Mars : la sonde Hope des Émirats arabes unis est prête à décoller.

    Mars : la sonde Hope des Émirats arabes unis est prête à décoller

     

     

    Rémy Decourt

    Journaliste

     

     

     

    Tandis que le lancement d'ExoMars 2020 a été reporté à 2022 et que la date de lancement de Perseverance est incertaine, les responsables de la mission Mars des Émirats arabes unis ont le sourire. Leur sonde Hope est prête et décollera le 14 juillet à destination de Mars.

    Fortunes diverses pour quatre missions à destination de Mars... Alors que l'Agence spatiale européenne a été contrainte de reporter à 2022 le lancement de sa mission à destination de Mars (ExoMars 2020) et que la Nasa ne cesse d'annoncer des reports de lancement à l'intérieur de la fenêtre de tir de cette année, les agences spatiales chinoises et émiraties ont le sourire. Les deux ont confirmé le lancement en juillet de leur mission martienne. La mission chinoise Tianwen-1 sera lancée à bord d'un Long March 5 entre le 20 et le 25 juillet tandis que le lancement de la sonde Hope de la Mission Mars des Émirats arabes unis (EMM) est prévu le 14 juillet à 22 h 51 (heure française)depuis le Centre spatial Tanegashima dans la préfecture de Kagoshima, au sud-ouest du Japon, à bord d'une fusée Mitsubishi MH-IIA.

    L'arrivée de Hope autour de Mars est prévue en février 2021, année du 50e anniversaire des Émirats arabes unis qui sont devenus une nation indépendante le 2 décembre 1971. La sonde sera installée sur une orbite elliptique de 22.000 x 44.000 km et la durée de sa mission primaire est de deux ans. Elle aura pour principal objectif de suivre l'évolution du climat martien tout au long d'une année martienne.

    Bref résumé de la mission de la sonde Hope (Mission Mars des Émirats arabes unis, EMM), de son lancement à son activité autour de la planète Mars. © Centre Spatial Mohammed Bin Rashid (Mohammed Bin Rashid Space Centre - MBRSC)

     

    Le premier tableau complet du climat de Mars tout au long de l'année

    D'une masse au lancement de 1.500 kilogrammes, et avec des dimensions de 2,37 mètres de large et 2,8 mètres de haut, cette sonde embarque une caméra ainsi que des spectromètres infrarouge et ultraviolet qui seront utilisés pour mieux comprendre l'atmosphère martienne, en se focalisant notamment sur les relations entre les couches supérieures et inférieures. Ces données serviront entre autres aux modèles climatiques qui tentent de comprendre pourquoi et comment la planète Mars est passée d'une planète chaude et humide au monde froid et sec observé aujourd'hui. La mission est prévue pour une durée minimale de deux ans.

    Le but de l'équipe scientifique EMM est de générer le premier modèle véritablement holistique du système météorologique de la planète Mars. En améliorant la compréhension de l'atmosphère martienne, les chercheurs sont convaincus que cela peut nous aider à mieux comprendre l'atmosphère terrestre et les changements climatiques en cours qui affectent notre Planète. Ainsi, l'étude de l'érosion de l'atmosphère martienne et les gigantesques tempêtes de poussières de la Planète rouge peuvent nous aider à mieux comprendre le comportement des aérosols, encore mal connu, et des événements extrêmes dans les modèles atmosphériques.

    POUR EN SAVOIR PLUS

     

    Mars : la sonde Hope des Émirats arabes unis est en route pour le Japon

    Article de Rémy Decourt publié le 25/04/2020

    Après avoir marqué l'histoire en envoyant le premier astronaute émirati, Hazaa Al-Mansoori, à bord de la Station spatiale internationale en septembre 2019, les Émirats arabes unis s'apprêtent à lancer une sonde à destination de Mars. Hope, c'est son nom, a quitté Dubai et va rejoindre le Japon d'où elle sera lancée le 14 juillet prochain.

    Malgré la pandémie mondiale du coronavirus (SARS-CoV-2), trois sondes seront lancées cet été à destination de la planète Mars. On compte l'Américaine Mars 2020 et son rover Perseverance, la Chinoise Huoxing-1 et Hope des Émirats arabes unis. Manquent à l'appel la mission ExoMars 2020 et son rover Rosalind Franklin que l'Agence spatiale européenne et l'agence spatiale russe Roscosmos ont été contraintes d’annuler faute de délais suffisants pour tenir la date de lancement. Rendez-vous en 2022 pour cette mission.

    L'incertitude entourant l'état de préparation de la sonde Hope des Émiratis, qui faisait craindre un report de lancement à la fenêtre de tir de 2022, a été levée avec l'annonce de son transfert au Japon, d'où elle sera lancée à bord d'un lanceur H2A. Hope sera propulsée le plus tôt possible à l'intérieur d'une fenêtre de tir de trois semaines qui s'ouvrira le 14 juillet. Son arrivée autour de Mars est prévue au printemps 2021, pour coïncider avec le 50e anniversaire de la fondation des Émirats Arabes Unis (1971). Hope sera installée sur une orbite elliptique de 22.000 x 44.000 kilomètres et la durée de sa mission primaire est de 2 ans.

     

    Mieux comprendre l'atmosphère martienne

    La pandémie a néanmoins contraint le responsable de la mission d'avancer de plusieurs semaines la date de départ de la sonde du centre spatial Bin Rashid (MBRSC) situé à Dubai. Une décision qui se comprend dans ce contexte de pandémie mais qui n'est pas sans conséquence sur la préparation de la sonde. Des tests jugés secondaires n'ont pas pu être réalisés. Les ingénieurs et techniciens préférant se focaliser sur les tests jugés les plus critiques.

    VOIR AUSSIVie sur Mars : comment les rovers vont rechercher les traces ?

    D'une masse au lancement de 1.500 kilogrammes, et avec des dimensions de 2,37 mètres de large et 2,8 mètres de haut, cette sonde embarque une caméra ainsi que des spectromètres infrarouge et ultraviolet qui seront utilisés pour mieux comprendre l'atmosphère martienne. Ses données serviront aux modèles climatiques qui tentent de comprendre pourquoi et comment la planète Mars est passée d'une planète chaude et humide au monde froid et sec observé aujourd'hui. La mission est prévue pour une durée minimale de deux ans.

    Source: https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/mars-mars-sonde-hope-emirats-arabes-unis-prete-decoller-58196/?fbclid=IwAR07Y-dTboNOfJydM56H_66CD4leE4dfFTy4ntQQAaM_ilGldSlWQOFiV7A#utm_content=futura&utm_medium=social&utm_source=facebook.com&utm_campaign=futura

  • LE 10.07.2020: Actualité de l'astronomie / Vols habités : l'ESA a fait le choix de la coopération internationale.

    Vols habités : l'ESA a fait le choix de la coopération internationale

     

     

    Rémy Decourt

    Journaliste

     

    À la suite du vol habité de SpaceX, le directeur d'Arianespace et le directeur général de l'Agence spatiale européenne ont déclaré que l'Europe devrait développer ses propres vols habités au départ du Centre spatial guyanais. Didier Schmitt, coordonnateur de la proposition pour le Conseil ministériel de l'ESA pour l'exploration robotique et humaine, nous explique la position de l'Agence spatiale européenne.

     

    Le lancement historique de la capsule Crew Dragon de SpaceX avec, à son bord, deux anciens astronautes de la Nasa, à destination de la Station spatiale internationale relance le débat sur la nécessité de doter l'Europe d'un programme habité. Mais, comme l'explique Didier Schmitt, coordonnateur de la proposition pour le Conseil des ministres de l'ESA pour l'exploration robotique et humaine, « l'Europe pourrait parfaitement acquérir une capacité autonome de vols habités, mais ce n'est pas la priorité ».

    Aujourd'hui, le contexte géopolitique est à « la coopération internationale plutôt qu'au repli sur soi », ce qui explique le choix de l'ESA de « coopérer plutôt que développer sa propre infrastructure de transport spatial habité ». À cela s'ajoute qu'avec un budget environ quinze fois moindre que celui de la Nasa, le programme d'exploration de l'ESA ne « peut évidemment pas tout faire et doit faire des choix » dont cette « internationalisation du transport spatial habité » bien que l'Europe se soit illustrée dans ce domaine par plusieurs réalisations majeures telles que ARD, ATVIXV entre autres. Il faut aussi garder à l'esprit que les budgets affectés aux vols habités le seraient nécessairement au détriment d'autres programmes.

     

    VOIR AUSSIExploration : trois vols d’astronautes de l’ESA entre 2025 et 2030 à bord du Gateway

     

    Pourtant, une voie alternative fut explorée dans les années 1980 au travers du projet d'un avion spatial, Hermès, dont l'abandon en 1992, signa la fin de l'ambition européenne en matière de vol habité autonome. Lancé par Ariane 5, il aurait été capable de ravitailler en orbite la station autonome européenne Colombus, également abandonnée au profit d'un module scientifique qui sera amarré à la Station spatiale internationale. Depuis cette date, l'ESA a amorcé plusieurs programmes susceptibles de déboucher sur la réalisation d'un véhicule habité mais, aucun n'est arrivé à son terme. Le dernier en date, présenté lors du salon du Bourget 2009, prévoyait d'adapter l'ATV en véhicule de retour de charge utile (ARV) qui aurait ensuite préfiguré un véhicule habité.

    Le véhicule Orion de la Nasa et son module de service fourni par l'Agence spatiale européenne. Ce module a pour fonction de propulser la capsule Orion, d'assurer son contrôle thermique et de lui fournir la puissance électrique nécessaire à son bon fonctionnement, en plus de stocker les réserves d'eau, d'oxygène et d'azote. © ESA, D. Ducros

    Le véhicule Orion de la Nasa et son module de service fourni par l'Agence spatiale européenne. Ce module a pour fonction de propulser la capsule Orion, d'assurer son contrôle thermique et de lui fournir la puissance électrique nécessaire à son bon fonctionnement, en plus de stocker les réserves d'eau, d'oxygène et d'azote. © ESA, D. Ducros 

     

    Le saviez-vous ?

    Les industriels des Etats membres de l’Agence spatiale européenne disposent de toutes les briques technologiques nécessaires à la réalisation d’un système de transport spatial habité. Depuis 1992, l’Agence spatiale européenne a financé des programmes qui ont permis d’effacer les verrous technologiques qui avaient conduit à l’abandon d’Hermes

     

    L'Europe débattra en 2022 de l'intérêt de se doter de son propre véhicule spatial

    Cela dit, si un programme européen de vol habité devait voir le jour, il serait « judicieux d'y impliquer l'UE car il y a une dimension politique évidente à une telle initiative ». Mais, soyons réaliste. Compte tenu du calendrier de la Commission européenne, aucune initiative de la sorte ne peut se décider avant au mieux 2024, date à laquelle débuteront les « discussions sur le prochain programme cadre pluriannuel de l'EU, pour une implémentation en 2028 ».

    L'actuel programme de recherche Horizon Europe, pour la période 2021 à 2027, est « figé et n'a justement plus de budget spécialement réservé au spatial ». Les programmes Copernicus (observation de la Terre des variables climatiques) et Galileo (navigation et de positionnement par satellite), qui rappelons le sont une référence mondiale dans leur domaine, « restent aujourd'hui la priorité de l'UE ». Celle-ci se focalise sur les seuls programmes d'intérêts et de services aux citoyens tels que Galileo et Copernicus donc mais aussi Egnos, et sur la surveillance de l'espace (SSA) ainsi que sur l'accès à des télécommunications sécurisées par satellite (Govsatcom) pour les autorités nationales. Cela dit, la question des vols habités pourra de nouveau être débattue lors du prochain Conseil de l'ESA au niveau ministériel fin 2022.

    L'Agence spatiale européenne ne s'interdit donc rien. Des études de prospectives « abordent cet aspect de l'exploration et, à l'avenir, tout est envisageable » et parmi les scenarii et les stratégies d'exploration à l'étude, figure le « lancement de vols habités depuis le centre spatial guyanais ». Une hypothèse jugée « techniquement crédible » et que pousse Arianespace, mais pour laquelle il sera nécessaire d'obtenir un très large consensus politique au sein des États membres de l'Agence spatiale européenne. Un consensus qui « sera difficile à trouver » et qui dépendra du niveau « d'indépendance dont veut disposer l'Europe dans ce domaine ». D'où la nécessiter de réaliser à intervalles réguliers « des études techniques à ce sujet afin de proposer des choix à nos décideurs le moment venu », conclut Didier Schmitt.

    Source: https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/exploration-vols-habites-esa-fait-choix-cooperation-internationale-81827/?fbclid=IwAR3Aq7QDl8-KTthH7Nbz4lCZoQ6O8L6yl0G7ikOuReAh4D8gYSOe4Do8OBE#utm_content=futura&utm_medium=social&utm_source=facebook.com&utm_campaign=futura

  • LE 9.07.2020: Actualité de l'astronomie / Mars : magnifique survol du cratère Korolev, empli de glace

    Mars : magnifique survol du cratère Korolev, empli de glace

     

     

    Xavier Demeersman

    Journaliste

     

     

     [EN VIDÉO] Mars : survolez le cratère Korolev !  Survolez le cratère englacé Korolev, situé près de la calotte polaire de Mars, comme si vous y étiez ! 

     

    Des images sublimes qui nous ramènent un peu en hiver. D'ailleurs, c'est en décembre 2018, à l'occasion des 15 ans de la mission Mars Express, que l'Agence spatiale européenne dévoilait des images du cratère Korolev.

     

    Cette fois, l'ESA nous invite à survoler les « basses terres », aux pieds d'un champ de dune qui borde la calotte polaire nord appelé Olympia Undae, où se situe le cratère d'impact. On le dirait couvert de neige mais il est en réalité rempli de glace. Profond de deux kilomètres pour un diamètre de 82 kilomètres, il est un véritable « piège à froid » qui favorise une accumulation de glace d’eau au centre qui résiste aux étés martiens. Son épaisseur mesurée est de 1,8 kilomètre.

    La vidéo offre une magnifique reconstitution du paysage à travers les mises en perspective crées à partir des cinq images et des données topographiques collectées par l'instrument HRSC (High Resolution Stereo Camera).

    Le cratère a été baptisé en l'honneur de Sergei Korolev, connu pour être le père du programme d'exploration spatiale de l'ancienne Union soviétique.

    © ESA, DLR, FU Berlin, CC by-sa 3.0 IGO

    Le cratère Korolev photographié par la sonde Mars Express. © ESA, DLR, FU Berlin, CC by-sa 3.0 IGO

    Le cratère Korolev photographié par la sonde Mars Express. © ESA, DLR, FU Berlin, CC by-sa 3.0 IGO 

    Source: https://www.futura-sciences.com/sciences/breves/mars-mars-magnifique-survol-cratere-korolev-empli-glace-2862/?fbclid=IwAR3Z9FqCg7O5e79HpSxB1xjNDcnhUKvWWxEIqW0axaDf8eQuFd_-LWGanpw#utm_content=futura&utm_medium=social&utm_source=facebook.com&utm_campaign=futura

  • LE 9.07.2020: Actualité de l'astronomie / Comment une étoile binaire comme Eta Carinae accélère les particules cosmiques.

    Comment une étoile binaire comme Eta Carinae accélère les particules cosmiques

     

    Nathalie Mayer

    Journaliste

     

     [EN VIDÉO] Comment une étoile binaire comme Eta Carinae accélère les particules cosmiques  Des chercheurs ont observé, en provenance d’Eta Carinae, une émission de rayonnements gamma à de très hautes énergies. Le résultat de l’accélération de particules cosmiques dans la région où les vents stellaires des deux composantes du système binaire se rencontrent.  

     

    Des chercheurs ont observé, en provenance d'Eta Carinae, une émission de rayonnements gamma à de très hautes énergies. Le résultat de l'accélération de particules cosmiques dans la région où les vents stellaires des deux composantes du système binaire se rencontrent.

     

    À quelque 7.500 années-lumière de notre Terre, Eta Carinae est un système binaire composé de deux étoiles géantes bleues. En 2009, déjà, des astronomes avaient remarqué qu'Eta Carinae émettait des rayons gamma à haute énergie, pouvant aller jusqu'à 10 gigaélectronvolts (GeV). Aujourd'hui, des chercheurs du synchrotron allemand à électrons (Desy) rapportent avoir enregistré à l'aide du High Energy Spectroscopic System (HESS), en provenance du système, des rayons gamma allant jusqu'à 400 GeV. C'est 100 milliards de fois plus que la lumière visible !

     

    Le saviez-vous ?

    Les étoiles géantes bleues sont des étoiles très chaudes, très brillantes et très massives. Celles qui composent le système binaire Eta Carinae sont 30 et 100 fois plus massives que notre Soleil. Elles tournent l’une autour de l’autre en 5,5 années, sur des orbites très excentriques. Au point que la distance qui les sépare peut varier de la distance Soleil-Mars à la distance Soleil-Uranus. Et les rayons gamma de très hautes énergies enregistrés par les chercheurs allemands l’ont été juste avant et juste après le moment où elles se trouvaient le plus proche l’une de l’autre.

    D'où viennent exactement ces rayons gamma incroyablement énergétiques ? De la région où les vents stellaires des deux géantes bleues se rencontrent car rappelons que l'une d'entre elles a tendance à perdre l'équivalent de la masse de notre Soleil tous les 5.000 ans. Et que l'autre éjecte des particules de vent stellaire à des vitesses d'environ 11 millions de km/h. De quoi chauffer la matière à quelque 50 millions de degrés Celsius. Pas assez toutefois pour la faire émettre dans le domaine des rayons gamma.

    « Les régions dans lesquelles se forment de tels fronts de chocs correspondent généralement à des régions dans lesquelles les particules subatomiques sont accélérées par de forts champs électromagnétiques », explique Stefan Ohmphysicien, dans un communiqué du Desy. Et accélérées aussi rapidement, elles peuvent émettre un rayonnement gamma.

    Pour chercheurs du synchroton allemand à électrons (Desy), l’artiste multimédia Carsten Nicolai, alias Alva Noto, a interprété en sons, les rayons gamma qu’ils ont enregistrés en provenance d’Eta Carinae. Résultat : une animation fascinante. © Desy, YouTube

     

    Un nouveau type d’accélérateur de particules

    Les rayonnements gamma enregistrés jusqu'à des énergies de 400 GeV pour Eta Carinae sont difficiles à expliquer par des électrons accélérés car ceux-ci sont constamment déviés par les champs magnétiques, ce qui leur fait perdre de l'énergie. C'est l'intervention de noyaux atomiques accélérés qui cadre finalement le mieux avec les données recueillies par les chercheurs. « Cela ferait des régions où les vents stellaires entrent en collision, un nouveau type d'accélérateur de particules pour les rayons cosmiques », commente Ruslan Konno, physicien, dans le communiqué du Desy.

    Les astronomes comptent désormais sur les instruments de nouvelle génération comme le Cherenkov Telescope Array (CTA), en construction du côté du Chili, pour étudier le phénomène plus en détail. Et découvrir bien sûr, plus de sources de ce genre.

    En attendant, les physiciens du Desy ont souhaité « rendre tangible [leur] fascination pour la recherche scientifique » en créant une animation vidéo qui explique le phénomène. Une animation réalisée par des professionnels du genre et qui colle à la réalité parce que basée sur des paramètres fournis par les astronomes. Elle profite d'une bande-son spécialement imaginée par un artiste multimédia -- Carsten Nicolai : nom de scène Alva Noto -- pour nous emmener dans un voyage extraordinaire à 7.500 années-lumière de notre Terre !

    Source: https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/univers-etoile-binaire-comme-eta-carinae-accelere-particules-cosmiques-81819/?fbclid=IwAR3W2t_S3_Ci8DQMdx9QapdRL-NJ3HMu-VwybtsbSw8PKbq5ciYaEZAvRNs#utm_content=futura&utm_medium=social&utm_source=facebook.com&utm_campaign=futura