Actualité Météorologie, Astronomie

Demain 162

  • LE 22.05.2020: Actualité de l'astronomie / Les astronomes ont élucidé le mystère de la forme en X des galaxies radio.

    Les astronomes ont élucidé le mystère de la forme en X des galaxies radio

     

    la rédaction de Futura

     

     

    C'est comme une chasse au Trésor... Tout le monde a en tête cette fameuse carte tant convoitée par les pirates des récits de notre enfance où le fameux X marquait le lieu de la cachette du précieux butin. Des astronomes d'Afrique du Sud et des États-Unis ont suivi cette fameuse trace en forme de « X » et ont élucidé un phénomène mystérieux se produisant dans l'espace lointain...

     

     

    Les galaxies contenant en leur centre un trou noir supermassif actif, présentent généralement des jets « jumeaux » qui semblent éclater de part et d'autre du centre. Ces jets se propagent donc vers l'extérieur, dans des directions opposées et de manière plus ou moins rectiligne.

    Mais, dans la galaxie PKS 2014-55, à environ 800 millions d'années-lumière de la Terre, les jets provenant de son trou noir supermassif central n'agissent pas de la même manière. Au lieu d'une structure symétrique et rectiligne, cette galaxie -- comme d'autres que l'on rassemble par l'appellation de « galaxies X »  -- semble avoir quatre jets en forme d'un « X » légèrement courbe.

    La galaxie en forme de X, PKS 2014-55, observée avec le télescope MeerKAT, indiquant les anciens jets radio en forme de X, les plus jeunes jets plus près du trou noir central et la région d'influence dominée par les étoiles et le gaz de la galaxie centrale. © UP, NRAO / AUI / NSF, Sarao, DES

    La galaxie en forme de X, PKS 2014-55, observée avec le télescope MeerKAT, indiquant les anciens jets radio en forme de X, les plus jeunes jets plus près du trou noir central et la région d'influence dominée par les étoiles et le gaz de la galaxie centrale. © UP, NRAO / AUI / NSF, Sarao, DES 

     

    Le X a révélé le mystère

    La raison pour laquelle les galaxies X ont cette forme caractéristique était jusqu'alors non élucidée. Mais, grâce à de nouvelles observations détaillées du radiotélescope MeerKAT, situé dans le désert sud-africain, les astronomes ont résolu l'énigme, comme des pirates qui ont suivi le fameux « X ».

    Les jets d'ondes radio en forme de X de PKS 2014-55, qui s'étendent sur 2,5 millions d'années-lumière dans l'espace, sont renvoyés vers l’intérieur de la galaxie lorsqu'ils rencontrent la pression du gaz intergalactique. Lorsque le matériau retombe vers le centre, il est alors dévié par une pression de gaz plus élevée près du centre et se courbe plutôt vers l'extérieur, créant alors les bras en X.

    VOIR AUSSILes trous noirs supermassifs façonnent les galaxies qui les abritent

    Avant que ces découvertes ne soient publiées, dans la publication du journal Monthly notices de la Royal Astronomical Society, les astronomes avaient plusieurs théories sur les processus de formation des galaxies X. Certains pensaient que les jets avaient changé de direction au fil du temps à mesure que la rotation du trou noir changeait.

    D'autres soupçonnaient que deux trous noirs supermassifs au centre, indiscernables des télescopes, projetaient deux paires de jets différentes dans des directions différentes. Maintenant, le mystère est résolu et révèle en fait une énorme bataille entre les jets du trou noir et le gaz à travers lequel ils se déplacent

    Source: https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/trou-noir-supermassif-astronomes-ont-elucide-mystere-forme-x-galaxies-radio-81054/?fbclid=IwAR2L1J9BsOSya11YG6bh0vibTTOk10muotzIOnXATTZnj4g3INJWuJVeQa4#utm_content=futura&utm_medium=social&utm_source=facebook.com&utm_campaign=futura

  • LE 22.05.2020: Actualité Météo/Météo du vendredi 22 mai : retour en force des nuages par l'ouest et le nord A 9H47

    L'anticyclone faiblit un peu ce vendredi et laisse passer un front très peu actif sur la partie nord-ouest de la France. Ce dernier apporte beaucoup de nuages mais peu ou pas de précipitations. Dans le sud et l'est du pays, à l'avant du front, le temps est chaud et lourd avec de rares ondées orageuses sur le relief alpin.

    A retenir :

    - Des nuages parfois nombreux au nord de la Loire avec de rares averses.

    - Un temps chaud et lourd sur les régions du nord-est et du centre-est.

    - Un risque d'orages localisés sur le relief alpin et les Pyrénées

     

    Contexte météo :

    La France se situe entre un anticyclone centré par 1025 hPa en Méditerranée et une dépression centrée par 970 hPa au nord-ouest de l'Irlande. Entre ces deux systèmes, le flux orienté au sud-ouest fait circuler de l'air chaud sur le pays. Un front froid parvient tout de même à s'infiltrer par le nord-ouest ce vendredi. Comme les pressions restent assez élevées, il a peu d'activité. Il apporte surtout des nuages mais très peu de précipitations. Il fait circuler de l'air un peu plus frais sur les régions proches de la Manche tandis que l'air chaud concerne encore la plus grande partie du pays.

    Détail par régions :

    De la Bretagne et de la Normandie aux Hauts-de-France, les nuages dominent une grande partie de la journée mais le risque d'averse est faible et quelques éclaircies parviennent à se développer ici ou là. Le vent de sud-ouest souffle modérément en Manche avec des rafales à 50 km/h. Les températures sont douces le matin avec 14 à 17°C mais elles s'orientent à la baisse l'après-midi et sont généralement comprises entre 17 et 22°C.

    Des Pays de la Loire au Centre-Val de Loire et de l'Ile-de-France au Grand-Est, les éclaircies alternent avec des passages nuageux de plus en plus nombreux au fil des heures. Dans l'après-midi, quelques rares ondées se produisent sous les nuages les plus menaçant. Le douceur est remarquable le matin avec des valeurs de 14 à 19°C et même 21°C dans la capitale. Dans l'après-midi, les températures sont comprises entre 24 et 29°C d'ouest en est.

    En Bourgogne-Franche-Comté et Auvergne-Rhône-Alpes, le soleil fait encore de belles appartions le matin. Dans l'après-midi, le ciel devient plus chaotique avec éclaircies et bourgeonnements nuageux qui peuvent donner localement une ondée, voire un orage sur le relief alpin. Les températures sont très douces le matin, comprises entre 14 et 20°C ; dans l'après-midi, il fait chaud et lourd avec des valeurs de 27 à 31°C.

    De la Nouvelle-Aquitaine et de l'Occitanie à la région PACA et la Corse, le soleil brille dans un ciel plus ou moins voilé par des nuages d'altitude. L'impression de beau temps estival s'impose le plus souvent. Des bourgeonnements nuageux concernent les reliefs avec un faible risque d'averse ou d'orage. Les températures restent élevées avec 15 à 21°C le matin et de 22 à 31°C l'après-midi.

    Les conseils de notre météorologue

    En raison du temps chaud et lourd sur de nombreuses régions, privilégiez les heures les moins chaudes en début ou fin de journée pour pratiquer vos activités physiques et sportives.

     

    SOURCES LA CHAINE METEO

  • LE 22.05.2020: Actualité Météo/Météo week-end de l'Ascension : privilégiez votre dimanche A 9H29

    Pour votre prochain week-end (samedi 23 et dimanche 24 mai), une dégradation se produit samedi du sud-ouest au nord-est et au centre-est avant le retour d'un beau temps généralisé pour dimanche.

    Les régions du nord seront sous l'influence de perturbations circulant sur les îles britanniques avec des averses. L'extrême sud de la France sera davantage protégé par des hautes pressions avec un soleil majoritaire.

    Passage d'une perturbation atlantique

    Samedi, une dégradation passagère se produit du sud-ouest aux frontières de l'est avec des averses parfois orageuses dans le centre-est. Dans le nord-ouest, le soleil domine à l'arrière de la zone perturbée. Dans le sud-est le soleil est voilé par des nuages d'altitude mais l'impression de beau temps persiste. 

     

    Dimanche, ce sera finalement le retour du soleil pour tout le monde mais quelques orages ou averses pourront encore éclater sur les Pyrénées et les Alpes du Sud. 

     

    Baisse des températures

    Samedi et dimanche, les températures seront contrastées mais en nette baisse  par rapport à la semaine : sous les nuages et les averses, le ressenti sera parfois un peu automnal samedi du Massif-Central au nord-est. Il fera nettement plus chaud dans le sud-est, avec 25 à 30°C.

     

    SOURCES LA CHAINE METEO

  • LE 21.05.2020: Actualité Météo/Météo du vendredi 22 mai : retour en force des nuages par l'ouest et le nord A 15H33

    L'anticyclone faiblit un peu ce vendredi et laisse passer un front très peu actif sur la partie nord-ouest de la France. Ce dernier apporte beaucoup de nuages mais peu ou pas de précipitations. Dans le sud et l'est du pays, à l'avant du front, le temps est chaud et lourd avec de rares ondées orageuses sur le relief alpin.

    A retenir :

    - Des nuages parfois nombreux au nord de la Loire avec de rares averses.

    - Un temps chaud et lourd sur les régions du nord-est et du centre-est.

    - Un risque d'orages localisés sur le relief alpin et les Pyrénées

     

    Contexte météo :

    La France se situe entre un anticyclone centré par 1025 hPa en Méditerranée et une dépression centrée par 970 hPa au nord-ouest de l'Irlande. Entre ces deux systèmes, le flux orienté au sud-ouest fait circuler de l'air chaud sur le pays. Un front froid parvient tout de même à s'infiltrer par le nord-ouest ce vendredi. Comme les pressions restent assez élevées, il a peu d'activité. Il apporte surtout des nuages mais très peu de précipitations. Il fait circuler de l'air un peu plus frais sur les régions proches de la Manche tandis que l'air chaud concerne encore la plus grande partie du pays.

    Détail par régions :

    De la Bretagne et de la Normandie aux Hauts-de-France, les nuages dominent une grande partie de la journée mais le risque d'averse est faible et quelques éclaircies parviennent à se développer ici ou là. Le vent de sud-ouest souffle modérément en Manche avec des rafales à 50 km/h. Les températures sont douces le matin avec 14 à 17°C mais elles s'orientent à la baisse l'après-midi et sont généralement comprises entre 17 et 22°C.

    Des Pays de la Loire au Centre-Val de Loire et de l'Ile-de-France au Grand-Est, les éclaircies alternent avec des passages nuageux de plus en plus nombreux au fil des heures. Dans l'après-midi, quelques rares ondées se produisent sous les nuages les plus menaçant. Le douceur est remarquable le matin avec des valeurs de 14 à 19°C et même 21°C dans la capitale. Dans l'après-midi, les températures sont comprises entre 24 et 29°C d'ouest en est.

    En Bourgogne-Franche-Comté et Auvergne-Rhône-Alpes, le soleil fait encore de belles appartions le matin. Dans l'après-midi, le ciel devient plus chaotique avec éclaircies et bourgeonnements nuageux qui peuvent donner localement une ondée, voire un orage sur le relief alpin. Les températures sont très douces le matin, comprises entre 14 et 20°C ; dans l'après-midi, il fait chaud et lourd avec des valeurs de 27 à 31°C.

    De la Nouvelle-Aquitaine et de l'Occitanie à la région PACA et la Corse, le soleil brille dans un ciel plus ou moins voilé par des nuages d'altitude. L'impression de beau temps estival s'impose le plus souvent. Des bourgeonnements nuageux concernent les reliefs avec un faible risque d'averse ou d'orage. Les températures restent élevées avec 15 à 21°C le matin et de 22 à 31°C l'après-midi.

    Les conseils de notre météorologue

    En raison du temps chaud et lourd sur de nombreuses régions, privilégiez les heures les moins chaudes en début ou fin de journée pour pratiquer vos activités physiques et sportives.

     

     


    ​SOURCES LA CHAINE METEO

  • LE 21.05.2020: Actualité de l'astronomie / La Nasa a fabriqué un simulateur de rayons cosmiques.

    La Nasa a fabriqué un simulateur de rayons cosmiques

     

    Par Joël Ignasse le 19.05.2020 à 20h01

    Un simulateur de rayons cosmiques fabriqué par la Nasa va permettre d'étudier leurs effets sur l'organisme.

    rayons cosmiques

    Dans l'espace, les astronautes sont constamment bombardés par des rayons cosmiques.

    NASA

     

    En 1912, le 7 août, le physicien autrichien Victor Franz Hess entreprit un vol en ballon qui restera gravé dans l'histoire des sciences. Il voulait étudier un mystérieux rayonnement ionisant qui parasitait les électroscopes. Et, il pensait qu'en prenant de l'altitude, il pourrait mesurer l'atténuation de ce rayonnement dont les scientifiques de l'époque estimaient qu'il était originaire de la Terre. C'est tout le contraire qui se produisit : le Baron Hess s'aperçut que plus il montait plus le rayonnement augmentait ce qui démontrait qu'il était originaire du cosmos. Il venait de découvrir le rayonnement cosmique, un phénomène qui pourrait limiter les voyages de longue durée dans l'espace.

     

    Des particules d'origines diverses

    Les rayons cosmiques sont constitués de particules à haute énergie qui proviennent du Soleil pour partie, portées par le vent solaire, mais d'autres, les plus énergétiques, sont formées par des étoiles voisines ou lors de supernovas à l'extérieur du système solaire et même parfois de la galaxie. Les protons constituent jusqu'à 90% des rayons cosmiques qui frappent l'atmosphère terrestre, le reste se constituant d'ions d'hélium et d'atomes plus lourds, jusqu'au fer. Sur Terre, les rayons cosmiques peuvent provoquer des perturbations électromagnétiques et climatiques. Mais ce sont surtout leurs effets sur les astronautes qui les reçoivent de plein fouet dans l'espace qui inquiètent : ils pourraient affecter un certain nombres d'organes ainsi que les systèmes de régulation du corps.

    Il est cependant difficile d'étudier leurs conséquences sur l'Homme : la Terre est en partie protéger de ces rayons par son bouclier magnétique qui abrite également les occupants de la station spatiale internationale qui est située à 400 km en orbite. Les derniers astronautes à les avoir véritablement affrontés sont ceux du programme américain d'exploration lunaire Apollo, qui a pris fin en 1972. Pour en savoir plus, il faut donc réaliser des expériences sur Terre en simulant l'effet de ces rayons.

     

    Simulation multisource

    Jusqu'à présent pour simuler ces rayons cosmiques et étudier leurs effets les chercheurs exposaient des animaux à un faisceau monoénergétique formé d'une seule catégorie d'ions et ils reproduisaient l'expérience pour chaque particule à étudier. Dans la revue PLOS Biology, des scientifiques du Centre de Recherche de la Nasa à Langley explique comment ils ont mis au point une technologie de commutation et de contrôle permettant de basculer rapidement entre plusieurs combinaisons de faisceaux. Les expériences menées au Space radiation laboratory de la Nasa ont dès 2018 permis de délivrer 33 faisceaux d'ions différents en moins de 75 minutes, imitant ainsi l'effet cumulatif reçu par des astronautes lors d'une mission lointaine. Des tests sont maintenant en cours pour observer l'effet de ces radiations sur des modèles animaux exposés 4 semaines durant à ce mélange d'ondes. Les chercheurs vont notamment évaluer le risque de cancers radio-induits, les effets sur le système cardiovasculaire et l'impact sur le système nerveux central.

    Lire la suite sur: https://www.sciencesetavenir.fr/espace/univers/la-nasa-a-fabrique-un-simulateur-de-rayons-cosmiques_144421
     

     

    Source: sciencesetavenir.fr

     

  • LE 21.05.2020: Actualité de l'astronomie / Première preuve directe de la naissance d'une planète.

    Première preuve directe de la naissance d'une planète

     

     

    Rémy Decourt

    Journaliste

     

     

    Autour de la jeune étoile AB Aurigae, une équipe d'astronomes a découvert, à l'aide du VLT de l'ESO, les signes de la naissance d'une planète et l'endroit précis où elle pourrait se former ! Les explications d'Anthony Boccaletti de l'Observatoire de Paris, Université PSL, qui a dirigé l'étude.

    Étonnement, la théorie de formation planétaire la plus admise par la communauté scientifique est une théorie jeune et en plein développement, de sorte que chaque observation d'une étape de la formation des planètes est un moyen d'affiner ce modèle théorique.

    Il y a quelques mois, des observations réalisées avec l'instrument Sphere installé au Very Large Telescope (VLT) de l'Observatoire européen austral ont mis en évidence les signes révélateurs d'un système planétaire en formation autour de la jeune étoile AB Aurigae. Ce système planétaire en formation, situé à 520 années-lumière de la Terre dans la constellation d'Auriga (le Cocher), est très bien connu des astronomes qui l'observent depuis près d'une vingtaine d'années.

    Ces observations ont permis de repérer une « structure en spirale proéminente avec une "torsion" » qui marque le site « où une planète pourrait se former », nous explique Anthony Boccaletti de l'Observatoire de Paris, Université PSL (France), qui a dirigé l'étude. Cette « torsion est prédite selon certains modèles théoriques de formation planétaire », déclare la coauteure Anne Dutrey, du Laboratoire d'astrophysique de Bordeaux (LAB). Elle correspond à la « connexion de deux spirales - l'une s'enroulant vers l'intérieur de l'orbite de la planète, l'autre s'étendant vers l'extérieur - qui se rejoignent à l'emplacement de la planète ». Elles permettent au gaz et à la poussière du disque de « s'accréter sur la planète en formation et de la faire croître », précise la chercheuse.

    Cette structure observée pourrait être la « première preuve directe de la naissance d'une planète », tient à souligner Anthony Boccaletti. Ce point de « perturbation se trouve à peu près à la même distance de l'étoile que Neptune du Soleil », ajoute t-il.

    Images du système AB Aurigae montrant le disque qui l'entoure. L'image de droite est une version agrandie de la zone indiquée par un carré rouge sur l'image de gauche. Elle montre la région interne du disque, y compris la « torsion » jaune très brillant (entourée de blanc) qui, selon les scientifiques, marque l'endroit où une planète est en train de se former. Cette torsion se trouve à peu près à la même distance de l'étoile Aurigae AB que Neptune du Soleil. Le cercle bleu représente la taille de l'orbite de Neptune. © ESO / Boccaletti et al.

    Images du système AB Aurigae montrant le disque qui l'entoure. L'image de droite est une version agrandie de la zone indiquée par un carré rouge sur l'image de gauche. Elle montre la région interne du disque, y compris la « torsion » jaune très brillant (entourée de blanc) qui, selon les scientifiques, marque l'endroit où une planète est en train de se former. Cette torsion se trouve à peu près à la même distance de l'étoile Aurigae AB que Neptune du Soleil. Le cercle bleu représente la taille de l'orbite de Neptune. © ESO / Boccaletti et al. 

    Le moment et le lieu précis où se forment des planètes 

    Ces observations fournissent aussi les indices cruciaux pour aider les scientifiques à mieux comprendre ce processus. « Nous devons observer de très jeunes systèmes pour vraiment saisir le moment où les planètes se forment », explique Anthony Boccaletti. Mais, jusqu'à présent, les astronomes n'avaient pas réussi à prendre des images suffisamment nettes et profondes de ces jeunes disques pour trouver le « point précis qui indique l'endroit où un bébé planète devrait être en train de naître ». C'est aujourd'hui chose faite !

    Ces nouvelles images, « acquises par l'instrument Sphere et qui sont les plus précises et les plus profondes du système AB Aurigae obtenues à ce jour », montrent une « étonnante spirale de poussière et de gaz autour d'AB Aurigae ». Or, les spirales de ce type signalent la présence de bébés planètes qui « excitent » le gaz, créant des « perturbations dans le disque en forme d'ondes un peu comme le sillage d'un bateau sur un lac », explique Emmanuel Di Folco, également du LAB qui a aussi participé à l'étude. À mesure que la planète tourne autour de l'étoile centrale, cette « onde prend la forme d'un bras spiral » et la région en jaune très brillant près du centre d'AB Aurigae est « l'un de ces sites de perturbation où l'équipe pense qu'une planète est en train de se former », précise Emmanuel Di Folco.

    Donnons la parole à Anthony Boccaletti :

    Avez-vous une idée de la taille de la planète en formation ou s'agit-il pour l'instant d'une proto-planète ?

    Anthony Boccaletti : Non pas précisément. On voit la forme que fait la spirale et on en déduit que ça colle plutôt bien avec les modèles qui considèrent ces spirales comme produites par des planètes. Mais, justement, le modèle est très simple et ne dépend pas vraiment de la masse de la planète. Dans l'article, on essaye de faire des estimations en supposant que la planète est entourée d'un disque circumplanétaire et que ce disque émet de la lumière en infrarouge. Cela implique un modèle qui relie le taux d'accrétion de ce disque avec sa luminosité. On trouve qu'un objet de quelques masses de Jupiter pourrait expliquer le flux observé.

    Une future planète géante gazeuse donc ?

    Anthony Boccaletti : Oui. Ce serait plutôt une planète massive pour produire de telles spirales aussi évidentes dans les images.

    Concrètement, que voit-on de la planète sur ces images ?

    Anthony Boccaletti : On voit surtout la spirale. La planète est probablement enfouie dans le gaz et la poussière et n'est pas visible. Ce qui est un peu en contradiction avec ce que j'ai dit au dessus à propos de l'estimation de sa masse en supposant que le flux mesuré est issu d'un disque circumplanétaire.

    Que nous apprend cette découverte sur la formation des planètes ?

    Anthony Boccaletti : On connait des disques avec des spirales, on connait des planètes imagées à l'intérieur de disques (Beta Pic b, PDS70 b, également observée avec Sphere), mais on n'a jamais pu mettre en évidence une connexion entre les deux ! Justement parce que, lorsqu'il y a une spirale, c'est que la quantité de gaz est encore trop élevée pour permettre aux observations en optique de révéler la planète. Ici, on commence à voir pour la première fois une structure dans la spirale qui correspond à ce que l'on attend si cette spirale est générée par une proto-planète. Toujours pas un lien direct mais on s'en rapproche un peu plus.

    D'autres observations sont-elles prévues avec des instruments en service ou est-il nécessaire d'attendre de futurs instruments, comme ceux à bord du JWST, pour améliorer les observations de Sphere ?

    Anthony Boccaletti : Ce qui ne changera pas, c'est la capacité de nos instruments à « traverser » le gaz. Celui ci sera encore là pendant... quelques milliers ou millions d'années ! Mais oui, on prévoit d'autres observations. Tout d'abord avec Sphere, pour mesurer si cette structure se déplace. On devine déjà un déplacement entre les images de Alma et celles de Sphere, mais le confirmer et obtenir une orbite képlérienne serait la preuve qu'il s'agit bien d'un objet massif, type planète, qui suit les lois de Kepler. Ensuite, on a demandé aussi des observations avec Muse au VLT pour chercher si il y a une accrétion. Cela permettrait de montrer qu'un disque circumplanetaire (et donc une planète) existe.

    Il sera aussi nécessaire d'augmenter la résolution angulaire sur cet objet ?

    Anthony Boccaletti : Effectivement. Ce sera nécessaire pour résoudre encore mieux la torsion de la spirale et comparer avec des modèles plus compliqués, dits hydrodynamiques. Cela sera possible avec l'Extremely Large Telescope de l'ESO, en cours de construction. Nous devrions être en mesure de voir directement et plus précisément comment la dynamique du gaz contribue à la formation des planètes. Le télescope spatial James Webb (JWST), dont le lancement est prévu en mars 2021, pourrait être utilisé pour mesurer le flux de l'objet en infrarouge moyen, surtout s'il y a un disque circumplanétaire car son flux sera plus élevé à 10 microns qu'à 1 ou 2 microns.

    Source: https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/astronomie-premiere-preuve-directe-naissance-planete-15067/?fbclid=IwAR0kpktL0kJ58lb9fCyzonxYSZsRYniwl33IJOSO2SZIx9S_oC6tpcG1gAY#utm_content=futura&utm_medium=social&utm_source=facebook.com&utm_campaign=futura

  • LE 21.05.2020: Actualité de l'astronomie / Sur Mars, la boue s’écoule comme de la lave.

    Sur Mars, la boue s’écoule comme de la lave

     

     

    Rémy Decourt

    Journaliste

    Pour savoir de quoi sont faits certains reliefs martiens, une équipe de recherche internationale impliquant Susan Conway, chercheuse du CNRS au Laboratoire de planétologie et géodynamique (CNRS/université de Nantes/université Angers), a simulé des coulées de boue sur Mars et sur Terre. Résultat, des reliefs martiens qui ressemblent à de la lave solidifiée, comme ceux présents à Hawaï, sont en fait de la boue qui se comporte différemment de la boue terrestre. 

    Une équipe de recherche internationale impliquant Susan Conway, chercheuse du CNRS au Laboratoire de planétologie et géodynamique (CNRS/université de Nantes/université Angers) a décidé d'étudier des reliefs martiens dont la composition est mal connue et sujette à débat. C'est notamment le cas des plaines de Cerberus Fossae que certains chercheurs ont « interprété comme issues des laves et d'autres à de la boue ou encore d'autres comme une mer glacée », nous explique Susan Conway.

    Pour comprendre comment se comporterait un mélange de roche et d'eau une fois à l'air libre sur la Planète rouge, les chercheurs ont « reproduit en laboratoire les conditions martiennes dans une chambre basse pression et observé l'écoulement de cette boue ». Avec une pression atmosphérique 150 fois plus faible que la nôtre, et des températures le plus souvent négatives, son « comportement a été très différent des boues terrestres ». Alors que la boue sur Terre bout à 100 °C au niveau de la mer et 70 °C au sommet de l'Everest, sur Mars elle « bout tout le temps en raison de la très faible densité de l'atmosphère martienne » !

    Les scientifiques ont simulé des coulées de boue sur Mars et sur Terre. © Lancaster University, YouTube

    L'expérience montre que la boue se « comporte alors de la même manière que certaines coulées de laves terrestres et peut former de nombreux plis, appelés pahoehoe ». En effet, lors de « notre expérience, la boue s'est mise en ébullition (même si elle était à presque zéro degré) et a ensuite commencé à geler ». C'est la combinaison du gel et l'ébullition qui a conduit la boue à « faire des formes qui ressemblent à de la lave solidifiée ».

    Ces résultats publiés dans Nature Geoscience, le 18 mai 2020, suggèrent donc que « le volcanisme sédimentaire peut se manifester sur Mars, c'est-à-dire un phénomène géologique qui entraînerait l'éruption de boue depuis le sous-sol martien ».  Ils invitent également la « communauté à revoir toutes les structures géologiques martiennes pouvant avoir été formées par ce phénomène ».

     

    Des fossiles de vie primitive piégés dans la boue martienne solidifiée

    Cette découverte a son importation car chaque « interprétation a des conséquences très différentes pour notre compréhension de l'environnement de Mars et son habitabilité ». Enfin, comme le souligne Susan Conway, il est possible « d'établir un lien entre cette boue et l'habitabilité de la planète » ? Si la présence de boue peut expliquer la « présence de plus de formes à la surface qu'on le pensait initialement », cela implique qu'il y avait, peut-être même encore aujourd'hui, un « réservoir d'eau souterrain (au lieu d'une chambre magmatique) qui serait plus propice à la vie que de la lave » !

    Aujourd'hui, cette boue solidifiée pourrait « abriter des fossiles de vies primitives », de sorte qu'un certain nombre de ces sites sont à privilégier pour les missions futures en quête des signes de vie sur Mars.

    Source: https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/planete-mars-mars-boue-ecoule-comme-lave-81074/?fbclid=IwAR1SryWgpp3k_dTScgv5XDgKwHtjPEyaXHgDY0Qg2cYJVpDr5cEXgrkIdow#utm_content=futura&utm_medium=social&utm_source=facebook.com&utm_campaign=futura